<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" ><generator uri="https://jekyllrb.com/" version="3.10.0">Jekyll</generator><link href="https://catherinephanvan.fr/feed.xml" rel="self" type="application/atom+xml" /><link href="https://catherinephanvan.fr/" rel="alternate" type="text/html" /><updated>2026-04-07T12:08:02+00:00</updated><id>https://catherinephanvan.fr/feed.xml</id><title type="html">Catherine Phan van</title><subtitle>Site officiel de l&apos;autrice Catherine Phan van</subtitle><author><name>Catherine Phan van</name></author><entry><title type="html">Pourquoi je déteste les histoires à twist</title><link href="https://catherinephanvan.fr/viedelectrice/2026/04/07/pourquoi-je-deteste-les-histoires-a-twist.html" rel="alternate" type="text/html" title="Pourquoi je déteste les histoires à twist" /><published>2026-04-07T10:30:00+00:00</published><updated>2026-04-07T10:30:00+00:00</updated><id>https://catherinephanvan.fr/viedelectrice/2026/04/07/pourquoi-je-deteste-les-histoires-a-twist</id><content type="html" xml:base="https://catherinephanvan.fr/viedelectrice/2026/04/07/pourquoi-je-deteste-les-histoires-a-twist.html"><![CDATA[<p>Mon avis (personnel et pas très populaire) de lectrice.
<!--excerptEnd--></p>

<p>Ou, plus précisément, pourquoi je déteste les histoires qui reposent <em>principalement</em> sur un twist.</p>

<p>Un exemple d’histoire à twist ? <em>Sixième sens</em>, le film de Night Shyamalan.</p>

<p>Je ne sais pas vous, mais moi, quand je l’ai vu, je ne savais pas qu’il y avait un twist. Comme ça date de l’époque bénie où je ne me méfiais pas encore de la fourberie des raconteurs·euses d’histoires, je ne l’ai pas <em>du tout</em> vu venir.</p>

<p>Si bien qu’en arrivant à la fin du film, quelle a été ma réaction ? Me dire :</p>

<blockquote>
  <p>“Ah zut, j’aimerais bien le revoir en sachant ça dès le début !”</p>
</blockquote>

<p>Eh bien voilà.</p>

<p>C’est exactement <strong><em>ça</em></strong> que je n’aime pas dans les histoires à twist.</p>

<p>La sensation que, pour en profiter pleinement, j’ai besoin de les découvrir une seconde fois, en connaissant le twist d’emblée.</p>

<p>Parce que, quand on y pense, c’est quand même dommage, non, une histoire qui n’accepte de livrer son plein potentiel qu’aux personnes qui ont le temps et l’envie de lui consacrer deux lectures (ou deux visionnages) ?</p>

<p>Bon. Allez, admettons, c’est dommage, mais ce n’est pas si grave.</p>

<p>Sauf que.</p>

<p>Il y a pire.</p>

<p>Imaginez qu’avec l’expérience, on apprenne à se méfier de la fourberie des raconteurs·euses d’histoires. Et qu’on développe donc une tendance <em>un peu</em> maniaque à essayer de deviner les twists dans toutes les histoires. (Oui, même celles qui n’en ont pas.)</p>

<p class="notice--info">🙄 Non mais j’ai dit “imaginez”, je n’ai pas dit que c’était ce que je faisais, oh là là… (Comment ça, je ne suis pas crédible ?)</p>

<p>Imaginez que, souvent, à force de lire (ou voir) des histoires, on <em>devine</em> ce twist.</p>

<p>À votre avis, qu’est-ce qui se passe, quand on on lit (ou regarde) une histoire qui ne repose <strong><em>que</em></strong> sur son twist, et qu’on arrive à ce fameux twist, qu’on avait deviné depuis longtemps ?</p>

<p>Je vous le donne en mille : on est déçu.</p>

<blockquote>
  <p>“Tout ça pour ça…”</p>
</blockquote>

<p>Qui a envie d’être déçu en arrivant à la fin d’un livre (ou d’un film) ? C’est encore plus dommage que d’avoir envie de le revoir pour en profiter pleinement, non ?</p>

<p>Sauf que (bis).</p>

<p>Il y a pire (bis).</p>

<p>Imaginez qu’avec l’expérience, on ait non seulement développé une tendance <em>un peu</em> maniaque à essayer de deviner les twists dans toutes les histoires, mais qu’en plus, on ait développé une tendance <em>carrément</em> maniaque à chercher la petite bête quand arrive un twist qu’on n’avait pas vu venir.</p>

<p>À s’assurer que le twist n’est pas foireux, quoi.</p>

<p><em>Spoiler</em> : ce n’est vraiment pas si rare qu’il le soit. Et s’il ne l’est pas, le maniaque l’a souvent deviné avant sa révélation. Dommage, hein ?</p>

<p>Bref.</p>

<p>Voilà pourquoi je n’aime pas les histoires à twist. Parce que je suis souvent déçue.</p>

<p>Vous savez ce que j’aime vraiment, <em>vraiment</em> beaucoup, en revanche ?</p>

<p>Les histoires avec une ironie dramatique savamment maîtrisée.</p>

<p>L’ironie dramatique, c’est ce qui se produit quand les lecteurices (ou spectateurices) connaissent une information que le ou les personnages ignorent. Exemple : <em>Le Dîner de cons</em>, où on sait que Pignon a été invité pour que les autres convives puissent se moquer de lui, alors que lui-même l’ignore.</p>

<p>Pourquoi j’adore ce genre d’histoires ?</p>

<p>Parce que ça permet, je trouve, une empathie bien plus profonde avec les personnages. Et que ça démultiplie l’intensité des émotions qu’on éprouve en voyant l’histoire avancer et les personnages s’approcher des révélations qui vont tout chambouler.</p>

<p>Et vous, qu’est-ce que vous préférez ? Plutôt twist, ou plutôt ironie dramatique ?</p>

<hr />
<hr />
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<!--excerptEnd--></p>

<p>Il faut dire que j’ai trouvé à la fin d’année 2025 un goût doux-amer… Alors, est-ce le contrecoup de longues semaines de travail intensif suite à l’annonce des <a href="/newsletter/2025-10-05/#je-suis-laur%C3%A9ate-%C3%A9mergences-2025">résultats du concours Émergences</a>, ou bien cette année a-t-elle vraiment été moins réussie que les précédentes ?</p>

<p>Une nouvelle fois, en janvier, je me suis dit qu’il serait bien que je me fixe des objectifs pour l’année. Et une nouvelle fois, je suis arrivée fin décembre en ne pouvant que constater mon échec. Il faut croire que les bonnes résolutions de début d’année n’ont aucun pouvoir sur moi – à moins que ce ne soit l’inverse ? 😅</p>

<p>En tout cas, ce bilan va de nouveau avoir des airs d’improvisation. Comme mes premiers jets de romans, finalement. On ne se refait pas.</p>

<h2 id="les-romans">Les romans</h2>

<h3 id="côté-écriture">Côté écriture</h3>

<p>J’ai écrit 100k mots en 2025 sur des premiers jets de romans.</p>

<ul>
  <li><strong>Un roman avorté</strong></li>
</ul>

<p>Début janvier, j’étais en pleine écriture d’un <a href="/publications/projets-en-cours/#19579c">thriller uchronique</a>, dont j’espérais terminer le premier jet au mois de mars.</p>

<p>Je me suis interrompue courant février, en plein vol, suite à un retour professionnel sur la structure prévisionnelle de mon intrigue. Des remarques judicieuses, mais qui nécessitaient de ma part une bonne prise de recul avant de savoir comment réorienter ce texte.</p>

<p>J’ai désormais d’autres pistes en tête. J’ai d’ailleurs pitché la nouvelle mouture de ce projet à plusieurs maisons d’édition lors des rencontres Émergences à Montreuil, et plusieurs ont manifesté de l’intérêt. Ce sera le premier roman dont j’attaquerai l’écriture en 2026, sous un nouveau titre (<em>-195,79°C</em>), et dans un univers d’anticipation.</p>

<ul>
  <li><strong>Trois premiers jets de romans terminés, en attente de corrections</strong></li>
</ul>

<p>Oui, bon, dit comme ça, ça claque, mais on se calme tout de suite. Dans les faits, il y a :</p>

<ol>
  <li><a href="/publications/projets-en-cours/#breizh-son-et-sentiments"><em>Breizh, son et sentiments</em></a>, une comédie romantique adulte (ou New Adult) assez courte ;</li>
  <li><a href="/publications/projets-en-cours/#le-lapin-rose"><em>Le Lapin rose</em></a>, un roman junior ;</li>
  <li>un roman “première lecture” au format du magazine <em>J’aime lire</em>.</li>
</ol>

<p>En longueur totale, mis bout à bout, ces trois textes représentent grosso modo un roman adulte de bonne taille, mais pas non plus un pavé. À peu près l’équivalent de <a href="/publications/cercueil-et-prejuges">Cercueil et préjugés</a>.</p>

<p>Les retours de bêta-lecture sur le dernier sont assez bons, la correction sera rapide et je vais pouvoir le soumettre très bientôt.</p>

<p>Il y a davantage de travail de corrections sur <em>Le lapin rose</em>, et j’ai prévu de m’y atteler en janvier, pour le soumettre dès que possible. Je l’ai en effet présenté, lui aussi, lors des rencontres Émergences, et plusieurs maisons d’édition sont a priori intéressées par le pitch.</p>

<p>Quant à <em>Breizh, son et sentiments</em>, j’attends encore un certain nombre de retours de bêta-lectures. Et là, je sais d’ores et déjà que le travail de correction va être plus important. Déjà, parce que ce roman est beaucoup plus long que les deux autres. Mais aussi, parce que j’ai eu beaucoup de mal à accoucher du texte. J’avais l’impression de l’écrire sous la contrainte – alors que, factuellement, ce n’était pas le cas : ce n’était qu’une question de ressenti, liée à une clause contractuelle sur un précédent contrat d’édition. Je devrais savoir d’ici mi-janvier si je suis libérée ou non de cette clause, et donc quel destin je peux envisager pour ce texte. En fonction de cela, je m’attellerai aux corrections rapidement, ou seulement après avoir terminé le premier jet de <em>-195,79°C</em>.</p>

<ul>
  <li><strong>Deux romans corrigés</strong></li>
</ul>

<p>Après l’avoir laissé dormir fort longtemps, j’ai finalement effectué une nouvelle passe de corrections sur <a href="/publications/projets-en-cours/#chasseuse-de-rêves">mon premier roman ado</a>.</p>

<p>J’ai aussi trouvé le courage de corriger enfin <a href="/publications/projets-en-cours/#e-comme">E comme…</a>, ce texte court pour un public Young Adult que j’aime beaucoup, mais que je crois particulièrement difficile à placer, en raison de son format atypique (il est vraiment très court) et des thématiques abordées (handicap et euthanasie).</p>

<h3 id="côté-soumissions">Côté soumissions</h3>

<p>J’ai commencé en fin d’été les soumissions pour les deux romans que j’ai corrigés cette année. Je n’ai pas encore reçu de retour pour <em>Chasseuse de rêves</em>, mais les choses ont commencé à bouger pour <em>E comme…</em> : j’ai reçu un beau refus argumenté de Gallimard (cela reste un refus, certes, mais un refus qui fait plaisir, chose assez rare pour être soulignée !), et une marque d’intérêt d’une autre très belle maison d’édition. Cependant, je demeure prudente, la personne intéressée n’est pas décisionnaire et j’anticipe donc un possible refus, car l’équipe éditoriale reste à convaincre.</p>

<p>Ma grosse déception de l’année, c’est le sort de ma deuxième comédie romantique, <a href="/publications/projets-en-cours/#un-mensonge-sans-conséquence"><em>Un mensonge sans conséquence</em></a>. J’avais de grands espoirs pour ce texte <a href="/ecriture/2024/12/29/bilan-écriture-2024.html#les-romans">fin 2024</a>. (Dire que je parlais de <em>success story</em>, haha, ça m’apprendra à m’emballer bêtement !) Espoirs déçus en 2025, et les refus ont tous souligné le même défaut. J’ai proposé deux ou trois fois à l’agente qui l’avait repéré et avec laquelle il était sous mandat de retravailler le texte, mais elle m’a à chaque fois conseillé de plutôt me lancer sur un nouveau projet. Avec son accord, je l’ai toutefois pitché à quelques maisons d’édition lors des rencontres Émergences, et il est désormais entre leurs mains, en l’état. Et puis, en fin d’année, nouvelle douche froide : l’agente m’a annoncé qu’elle cessait son activité, le mandat prend donc fin. J’espère juste que les maisons d’édition qui l’étudient ne partent pas du postulat qu’il a été retravaillé aux petits oignons (comme c’est le cas usuellement avec les agences), puisque la position de mon agente était singulière dans le milieu et qu’elle ne retravaillait pas les textes avec les auteurices en amont des soumissions…</p>

<h3 id="côté-publication">Côté publication</h3>

<p>2025, c’est l’année où mon premier roman a été publié, et après six mois, je tire de cette aventure un bilan très mitigé.</p>

<p>Dans les points négatifs, d’abord, le roman ne fait pas partie de ceux que la maison d’édition a choisi de mettre en avant au sein de son catalogue, et je me suis donc sentie très seule dans mes tentatives de communication, que ce soit pour démarcher les médias, sur les réseaux sociaux, ou auprès des libraires – la plupart de mes démarches n’ont d’ailleurs abouti à rien. Ensuite, j’ai l’impression que le roman se vend très mal. Impression, parce que je n’ai pas encore les chiffres (la première reddition de compte devrait arriver début 2026) pour la confirmer, et parce que même quand j’aurai les chiffres, je ne dispose pas d’éléments de comparaison internes à la maison d’édition, donc difficile de savoir comment je me place par rapport aux résultats habituels. Enfin, j’ai vu passer très peu d’avis sur le roman (ce n’est pourtant pas faute de chercher 😅), alors que quand on largue son texte comme ça dans la nature, on a quand même envie de savoir comment il est perçu. Et donc, je trouve cette cécité particulièrement frustrante.</p>

<p>Dans les points positifs, eh bien il y a les retours, justement. Peu nombreux, certes, mais certains font vraiment chaud au cœur. Je pense à quatre d’entre eux, notamment : un monsieur qui m’a dit qu’il n’avait pas lu de roman depuis une quarantaine d’années, parce qu’il déteste ça, mais qu’il avait beaucoup apprécié le mien, ne s’était pas ennuyé un seul instant en le lisant, et l’avait trouvé vraiment très drôle ; une lectrice qui m’a dit que ce roman lui avait fait du bien parce qu’elle l’avait lu à un moment où elle en avait besoin, et qu’il avait remis du soleil dans son quotidien malmené ; une lectrice qui est passée me voir en dédicace, après l’avoir acheté lors d’une dédicace précédente, pour me redire (elle m’avait déjà envoyé un message 💛) qu’elle l’avait beaucoup apprécié ; et une lectrice qui a posté un avis dans lequel elle explique que le roman l’a sortie d’une panne de lecture et qu’elle a été emportée par l’humour et la plume.</p>

<h3 id="au-global">Au global</h3>

<p>On est donc sur 3 romans en soumission en 2025 pour 0 oui, et une première publication décevante à plusieurs points de vue. Ça explique sûrement mon sentiment d’échec en fin d’année…</p>

<h2 id="les-nouvelles">Les nouvelles</h2>

<h3 id="côté-écriture-1">Côté écriture</h3>

<p>J’ai écrit 10k mots en 2025 sur des nouvelles.</p>

<p>Je me suis montrée très raisonnable, je n’ai écrit que 3 nouvelles :</p>

<ul>
  <li><a href="/publications/salome-la-reine-du-sifflet"><em>Salomé, la reine du sifflet</em></a> ;</li>
  <li>deux nouvelles de SF pour des appels à textes.</li>
</ul>

<p>La surprise de 2025, c’est que j’ai été invitée par une maison d’édition que j’apprécie beaucoup à proposer un synopsis de nouvelle en vue d’une éventuelle participation à un projet secret. Je me suis évidemment fait un plaisir de répondre à cette invitation. Je saurai d’ici quelques mois si ma proposition et ma participation sont retenues. D’ici là, je croise fort les doigts ! (Et je stresse un peu, parce que je me demande, si je suis amenée à le faire, si je serai réellement capable d’écrire cette nouvelle sans trop dévier du synopsis que j’ai envoyé… 😅)</p>

<h3 id="côté-soumissions-1">Côté soumissions</h3>

<p>J’ai participé à 12 appels à textes pour des nouvelles en 2025. Principalement avec du recyclage, vous vous en doutez vu le nombre de nouvelles que j’ai écrites cette année.</p>

<p>Sur ces 12 soumissions, j’ai reçu un seul oui, mais le seul qui importait vraiment : celui du concours Émergences ! Ma plus belle réussite de l’année (et j’espère que cette fois-ci, je ne me porte pas la poisse pour 2026 en l’écrivant 😬).</p>

<p>Pour les autres participations, je n’ai pas eu de réelle déception. Pour certains appels à textes, la concurrence était si rude que de toute façon, je n’avais aucun espoir, je participais juste pour ne pas regretter de ne pas l’avoir fait. Pour d’autres, j’ai reçu de beaux refus (ça s’est visiblement joué à un cheveu pour au moins deux textes), qui me laissent penser que j’ai quand même bien progressé depuis 2021. Et j’attends encore deux réponses, qui devraient arriver au premier trimestre 2026.</p>

<h3 id="côté-publications">Côté publications</h3>

<p>Trois de mes nouvelles ont été publiées en 2025 :</p>

<ul>
  <li><a href="/publications/mesaventures-vitaminees"><em>Mésaventures vitaminées</em></a></li>
  <li><a href="/publications/la-nuit-des-betteraves-grimacantes"><em>La Nuit des betteraves grimaçantes</em></a></li>
  <li><a href="/publications/salome-la-reine-du-sifflet"><em>Salomé, la reine du sifflet</em></a></li>
</ul>

<p>Et une des mes nouvelles soumise début 2024 a été signée courant 2025, pour une parution à venir tout prochainement (en janvier dans l’abonnement, en février hors abonnement), en papier, numérique, et audio, dans la <a href="https://www.editions1115.com/chronopages/" target="_blank">collection Chronopages des Éditions 1115</a>.</p>

<h3 id="au-global-1">Au global</h3>

<p>Côté nouvelles, je considère ce bilan 2025 comme positif.</p>

<h2 id="les-salons-et-dédicaces">Les salons et dédicaces</h2>

<p>J’ai participé à deux salons en 2025, Imagina’livres près de Toulouse, pour la troisième année consécutive, et L’Ouest Hurlant à Rennes, pour la première fois (une seule journée à chaque fois, parce que je ne me sens pas capable de faire davantage). Mais j’ai aussi survécu à mes premières séances de dédicaces, toute seule derrière ma table dans des grandes surfaces spécialisées.</p>

<p>Je dois dire que si papoter avec les amis et amies est un plaisir, si rencontrer les lecteurs et lectrices est enrichissant, l’expérience sensorielle en revanche est plutôt un calvaire. Je souffre vraiment beaucoup du bruit, de l’abondance de choses à voir partout et des mouvements de foule permanents alentour, et il me faut à chaque fois plusieurs jours pour récupérer complètement. (Quand j’emploie le verbe “souffrir”, ce n’est pas une façon de parler, c’est un vrai handicap, et j’ai d’ailleurs enfin accompli les démarches en 2025 pour que le diagnostic soit posé officiellement. C’est désormais chose faite. J’appréhendais l’étiquette TSA, mais finalement, elle est arrivée comme un soulagement : quelque part, elle vient légitimer mes difficultés sur plein d’aspects de la vie sociale, et me permettre de ne plus culpabiliser.)</p>

<p>Je ne sais pas trop quel bilan tirer de ces expériences, mais j’en tire en tout cas une leçon : si je ne veux pas me mettre en danger, il faut que je lève le pied sur les dédicaces. Quasiment un mois après, le souvenir très désagréable de celle du 4 décembre est encore vivace… (Il faut dire qu’outre la très forte affluence due à la période qui précède les fêtes, elle est arrivée à une date particulièrement mal choisie, pile entre l’épreuve de Montreuil fin novembre et ma traditionnelle semaine très chargée de répétitions et concerts mi-décembre.)</p>

<h2 id="la-communication">La communication</h2>

<p>2025 m’a confirmé, une fois de plus, que je suis vraiment une très mauvaise communicante. Le nombre d’abonné·e·s à ma newsletter et à mon compte instagram stagne. Je ne suis pas capable de me forcer à communiquer sur ce que je fais sur la durée : je me suis contrainte à poster de manière régulière pendant quelques semaines avant la sortie de mon roman, mais je trouve ça si artificiel que j’ai vraiment détesté le faire.</p>

<p>Mon roman a fait l’objet de quelques lignes ou quelques minutes d’antenne <a href="/publications/cercueil-et-prejuges/#la-presse-en-parle">dans deux journaux (Sud-Ouest et Le Courrier de Gironde) et sur deux radios (Ici Gironde et Radio Bouton)</a> : un grand merci à Nadia Derbikh, Marie Ottoz et Morgane Berguin.</p>

<p>À l’occasion de la parution de <a href="/publications/la-nuit-des-betteraves-grimacantes"><em>La Nuit des betteraves grimaçantes</em></a> dans le numéro 14, j’ai répondu à <a href="https://lindepanda.fr/interview-catherine-phan-van-2/" target="_blank">une nouvelle interview</a> de L’Indé Panda.</p>

<p>Et mon nom a été cité <a href="https://actualitte.com/article/126362/prix-litteraires/la-charte-jeunesse-revele-les-12-laureates-de-la-8e-edition-d-emergences" target="_blank">dans ActuaLitté</a>, parmi ceux des lauréat·e·s du concours Émergences.</p>

<p>Voilà, voilà. Je crois qu’on peut affirmer que c’est le début de la gloire, non ? 🤣</p>

<h2 id="les-copains-et-copines-️">Les copains et copines ! ❤️</h2>

<p>2025 n’a pas dérogé à la règle : mes meilleurs souvenirs de l’année, je les dois aux copains et copines.</p>

<p>Julie et Anaïs, encore et toujours, mais aussi Mina et Morgane, qui sont venues grossir cette année les rangs de notre groupe d’écriture, désormais baptisé <strong>Les Aigrivaines</strong>, et dont le slogan est <strong>“Écrire, c’est nul”</strong> (c’est un raccourci, hein, c’est le milieu éditorial, qui est nul… ou alors nous sommes masos, allez savoir). Sans elles quatre, j’écrirais moins, et mes textes seraient tout pourris. Parce que non seulement ce sont d’excellentes autrices (lisez-les !), mais ce sont aussi de super bêta-lectrices.</p>

<p>Mes co-lauréat·e·s Émergences, et les fées de la Charte en charge du dispositif, avec qui j’ai vécu ma plus belle aventure de l’année autour de l’écriture, et tissé des liens qui, je l’espère, dureront encore de longues années.</p>

<p>Aude, Marie, Sascha, Donovan, Noe, Carole, Yohan, Melo, Fred, Charles, Alexie, Nicolas, Marine, Nisa, Hestia, Vero, Marion, Clémentine, l’homme qui trouve qu’écrire c’est bien, l’homme qui aime les pizzas froides (pour leur propre sécurité, je préfère préserver l’anonymat des deux derniers) et toutes les personnes que ma mémoire défaillante a oubliées, c’était une joie d’échanger quelques mots (ou plus) avec vous en salon, derrière ou autour d’une table.</p>

<h2 id="au-bilan">Au bilan</h2>

<p>2025 se termine un peu en demi-teinte, mais a tout de même ouvert la porte sur de belles possibilités. Place à 2026. Je n’ai plus qu’à me replonger à fond dans l’écriture pour essayer de concrétiser tout ça ! 😊</p>

<hr />
<hr />
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<!--excerptEnd--></p>

<h2 id="le-roman">Le roman</h2>

<h3 id="genre-comédie-romantique">Genre : comédie romantique</h3>

<p>Éditions Flammarion<br />
Disponible en versions brochée, numérique et audio</p>

<p class="notice--info"><strong>Résumé</strong><br />
Paris, hôtel Meurice. Marianne Corvo, journaliste ciné pour un hebdo culturel, se prépare à interviewer son fantasme numéro un : Ben Whyte, dieu ombrageux du box-office et sex-symbol planétaire. Mais une fois devant LE monstre sacré, l’envoyée (un peu trop) spéciale perd le nord, enchaîne les gaffes et provoque l’hilarité de l’acteur, séduit par sa maladresse. C’est le début d’une histoire d’amour irrésistible et semée d’embûches, entre Paris et Hollywood.<br />
Une comédie romantique au charme fou et débordante d’humour.</p>

<figure class=" ">
  
    
      <a href="/assets/images/posts/2025-05-29_paris-hollywood-cover.webp">
          <img src="/assets/images/posts/2025-05-29_paris-hollywood-cover.webp" alt="couverture du roman Paris Hollywood" />
      </a>
    
  
  
</figure>

<h2 id="mon-avis">Mon avis</h2>

<p>Évidemment, quand on lit le résumé, on se dit “OK, encore une de ces comédies romantiques comme on en a déjà vu des centaines, ça va être <em>Coup de foudre à Notting Hill</em> avec les rôles inversés”.</p>

<p>On pourrait difficilement se tromper davantage.</p>

<p>Alors, sur le fond de l’intrigue, certes, il ne faut pas espérer une extraordinaire originalité : il s’agit en effet d’une comédie romantique entre un acteur star et une journaliste ciné. Pas de quoi s’extasier, même si l’autrice – elle-même journaliste ciné à Télérama – sait de quoi elle parle, et que la peinture sans concession qu’elle brosse des dessous du milieu du cinéma hollywoodien et des secrets de fabrication de ses blockbusters vaut en soi déjà le détour.</p>

<p>Non, c’est tout le reste, qui m’a époustouflée – et je pèse mes mots.</p>

<p>La plume, d’abord. Magnifique. Toujours juste. Alerte et inventive, avec un sens aigu de la formule qui vient sublimer une mise en scène impeccable.</p>

<p>La mise en scène, d’ailleurs. Parlons-en. Travaillée avec minutie, si bien que le jeu permanent entre les personnages et le décor choisi pour chaque scène s’avère extrêmement réjouissant. Même un minuscule et banal appartement parisien – entre fauteuil de bureau vagabond, cafetière italienne vintage sur plaque électrique capricieuse, et salle de bains exiguë – devient une arène exotique que l’autrice parvient à exploiter à la perfection pour renforcer l’effet qu’elle souhaite produire sur son lectorat.</p>

<p>Les personnages, ensuite, tous plus vivants que nature. Marianne, bien sûr, avec ses gaffes hilarantes, ses émotions à fleur de peau, ses doutes, ses passions, ses sursauts de fierté, ses peurs, ses failles… Tout ce qui fait d’elle un être humain si attachant, qu’on aime suivre au fil des pages. Ben Whyte aussi, oui, avec ses contradictions, et malgré – c’est dire ! – son comportement toxique avec certaines des personnes qui travaillent pour lui, parce que derrière ce qu’Hollywood a fait de lui, il reste lui aussi un être humain – que Marianne va d’ailleurs faire souffrir, parfois, à force de ne voir en lui que l’image de la star, invincible. La famille de Marianne, en particulier sa sœur et son époustouflante maîtrise de l’anglais 🤭, et la fabuleuse innocence de sa nièce. Ses amis, notamment l’inénarrable duo formé par Jean le blasé et Serge l’enthousiaste. Et tous les autres, de VTT à Martin, en passant par Lancelot Duvernet, Clément, ou Carmine.</p>

<p>La structure, enfin. Une masterclass à elle seule. La construction du roman est impeccable dans son ensemble, et la construction de chaque chapitre l’est tout autant. Une fractale parfaite, dans laquelle aucune ligne n’est superflue, et qui témoigne d’une maîtrise du rythme impressionnante.</p>

<p>Et puis, surtout, l’humour. Du début à la fin, entrecoupé d’autres émotions (oui, j’ai aussi pleuré, par moments), mais toujours présent. Qu’est-ce que j’ai ri, bon sang ! Et qu’est-ce que ça fait du bien, dans une période aussi sombre que celle que l’on vit.</p>

<p>Et je passe sur tout le reste, comme les titres de chapitres qui collent parfaitement à leur contenu tout en étant des titres de films, ou encore les innombrables références à la pop culture.</p>

<p>Un regret, un seul, si je dois en émettre un, c’est le regard porté dans l’intrigue sur le milieu éditorial. Il pourrait laisser croire qu’il suffit de signer un roman en maison d’édition pour voir son texte porté et promu par son éditeur, avec soirée de lancement et séances de dédicaces organisées et défrayées. Alors que – et je ne parle pas que pour moi, je connais un très grand nombre de personnes qui pourraient témoigner dans le même sens –, ce traitement de faveur n’est réservé qu’à une toute petite poignée de l’immense masse laborieuse des raconteurs et raconteuses d’histoires publié·e·s à compte d’éditeur.</p>

<p>Bref, digression à part, pour conclure : cette comédie romantique est un véritable bijou, poli jusque dans ses moindres détails. Une pépite. Un de ces livres dont on se dit, tout au long de la lecture et longtemps encore après l’avoir refermé, que si on arrive à écrire quelque chose d’approchant un jour, alors on pourra mourir en paix.</p>

<h2 id="quelques-extraits">Quelques extraits</h2>

<p>Difficile de choisir, je crois que j’aurais pu surligner tout le livre ! Alors ce ne sont pas les passages les plus marquants, sans doute, mais ce sont des extraits qui, pour une raison ou une autre, ont trouvé un écho particulier en moi.</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Même la moquette sait que je n’ai rien à foutre ici.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Ça chuinte de dédain sous mes baskets. Hôtel Meurice, cinq étoiles, troisième étage.</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Bref, je suis comme tous les geeks. Un peu fétichiste. Un peu fêlée.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Et pourtant, rien n’aurait pu me préparer à ça.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Marianne, coincée dans un palace londonien.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>À table avec cinq Docteurs.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Oui, cinq. En chair et en os.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Depuis le temps que la série existe, le héros a souvent changé d’interprète. À chaque fois, il se « régénère ». Comment ? En pissant de la lumière comme un lampadaire incontinent. Ça jaillit de partout, on n’y voit plus rien, et puis… pouf. Un acteur tout neuf.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Ce soir, ils ne sont pas tous là. Certains sont morts. Ou trop vieux. Ou fâchés. Mais c’est déjà beaucoup pour une seule fan. Six places à table. Six homards. Cinq Docteurs.<br />
<span style="margin-left: 1em;">Et moi.</span></p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Quand j’ai entamé mon « Code de protection temporelle », j’étais tellement exaltée que j’ai failli aller respirer dans un sac.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>« Article 1 : Tout contact délibéré avec un ascendant direct est un crime contre le Continuum. Article 2… »<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Jamais trouvé l’article 2, ni les suivants. Pas su quoi faire de mon héroïne, une fliquette spécialisée dans les disparitions – les gens dont on s’en va tuer les ancêtres, pour les effacer de l’Histoire. Ou l’art de s’enliser dans un infini bourbier de paradoxes : comment peut-on enquêter sur l’absence de quelqu’un qui n’existe plus ? qui n’a jamais existé ? Disparition de la disparition.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Forte migraine.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Je n’ai pas de plan, pas d’intrigue, à peine une poignée de personnages secondaires pâles comme des figurants mal payés.</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Pour le moment, on dirait qu’il scrute la salle de cinéma à travers une vitre. Je me sens repérée. Oui, moi.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>L’œil était dans l’écran et regardait Marianne.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Voilà ce qu’on gagne, à batifoler avec une star. Une bonne vieille MST. Mégalo Sexuellement Transmissible.</p>

<h2 id="au-bilan">Au bilan</h2>

<p>Je le répète : un immense coup de cœur. Lisez-le.</p>

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<!--excerptEnd--></p>

<h2 id="le-roman">Le roman</h2>

<h3 id="genre-science-fiction">Genre : science-fiction</h3>

<p>Éditions L’Atalante<br />
Disponible en versions brochée et numérique</p>

<p class="notice--info"><strong>Résumé</strong><br />
Ils ont dix ans et se rencontrent à Tokyo, où le père de Charlotte est ambassadeur et la mère d’Hiroshi blanchisseuse.<br />
« Je sais comment faire pour que tout le monde soit riche.<br />
— N’importe quoi, dit Charlotte. C’est impossible.<br />
— Si, c’est possible, insista-t-il. Quand je serai grand, c’est ce que je ferai. Parce que c’est d’une simplicité étonnante ! »<br />
Plongés dans le tourbillon de la vie, ils ne cesseront de se perdre et de se retrouver, puis de se séparer encore, lui le génie de la robotique qui n’a pas oublié son serment, elle et son étrange faculté de connaître l’histoire des objet par leur contact. L’heure décisive sonnera sur une île de l’océan Arctique au large de la Sibérie, la découverte d’un phénomène inexplicable. L’inconnu est là et il est menaçant… Les fondements de notre civilisation vacilleront avec nos certitudes.<br />
 <br />
Thriller économique et écologique, confrontation entre l’humanisme et l’évolution technologique, recours au fantastique spéculatif, voyages et archéologie, <strong><em>Maître de la matière</em></strong> reprend avec bonheur les grands thèmes d’Andreas Eschbach, dans la lignée de <em>Jésus vidéo</em> et d’<em>En panne sèche</em>.</p>

<figure class=" ">
  
    
      <a href="/assets/images/posts/2025-05-08_maitre-de-la-matiere-cover.webp">
          <img src="/assets/images/posts/2025-05-08_maitre-de-la-matiere-cover.webp" alt="couverture du roman Maître de la matière" />
      </a>
    
  
  
</figure>

<h2 id="mon-avis">Mon avis</h2>

<p>J’ai refermé le roman en disant “waouh”.</p>

<p>Ce qui m’a impressionnée, dans ce récit, ce n’est pas la plume : sobre et efficace, elle s’efface face à l’intrigue. Et puis c’est une traduction (de l’allemand), de toute façon.</p>

<p>Non, ce qui m’a impressionnée, c’est la construction. Impeccable. Millimétrée. De la mécanique de précision – ça tombe bien, vu les thématiques abordées par le roman, pourriez-vous rétorquer, puisqu’il est question de nanorobots.</p>

<p>On se trouve ici dans un roman de hard SF, ce sous-genre de la science-fiction, je cite <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Hard_science-fiction" target="_blank">Wikipedia</a>, “dans lequel les technologies, les sociétés et leurs évolutions, telles qu’elles sont décrites, peuvent être considérées comme vraisemblables au regard de l’état des connaissances scientifiques au moment où l’auteur écrit son œuvre.”
De la hard SF, donc, mais avec tout de même une pointe de fantastique, en ce qui concerne le personnage de Charlotte, vous pouvez le voir dans le résumé.</p>

<p>Et pardon, mais ça fait du bien. En tout cas, ça <em>me</em> fait du bien. De lire de la SF à laquelle je parviens à croire. Vraiment. Parce que chaque explication semble plausible et logique (et j’ai fait des études scientifiques – mais l’auteur aussi, ceci explique peut-être cela !), et que chaque fois qu’il tire un concept un cran plus loin, il appuie ses spéculations sur le cran précédent. Une mécanique de précision, je vous dis. Dans le domaine des nanorobots, pour commencer, mais il pousse même l’exploit jusqu’à rendre crédibles d’autres hypothèses, dans d’autres domaines (sur la paléoanthropologie ou la vie extraterrestre, par exemple).</p>

<p>Je suis donc sortie de ma lecture intellectuellement très satisfaite. Premier effet “waouh”.</p>

<p>Deuxième effet “waouh” : la méticulosité avec laquelle le puzzle de l’intrigue est assemblé. Chaque question trouve une réponse. Chaque scène, chaque détail qu’on croit anecdotique mais qu’il arrive pourtant à nous faire remarquer – parce qu’il faut qu’on le remarque, pour ensuite pouvoir se dire “ah, c’est donc pour cette raison, c’est donc de cette manière, que les choses se sont produites” – a sa raison d’être et trouve sa place dans le tableau d’ensemble.</p>

<p>Dernier effet “waouh”, enfin : l’épilogue. Absolument parfait. 👌</p>

<p>Et puis les thématiques abordées : inégalités sociales, perversion par l’argent, écologie, laideur de la nature humaine, sens de la vie… C’est d’une immense richesse.</p>

<p>Et le rythme, enfin. Plus de 600 pages, mais je ne les ai pas vues passer. Certaines personnes trouveront peut-être le début trop lent. Moi, je ne me suis pas ennuyée une minute. Oui, l’auteur prend le temps d’installer ses personnages et les bases de son intrigue, mais c’est justement la solidité de ces fondations qui fait que toute la construction est aussi robuste. Et il le fait avec suffisamment de maîtrise, j’ai trouvé, pour que ce ne soit jamais indigeste. Et alors, à partir du moment où tout s’accélère, quand les éléments patiemment posés commencent à s’imbriquer les uns dans les autres, impossible de lâcher le roman : un vrai page-turner.</p>

<p>Mais alors pourquoi n’est-ce pas un coup de cœur ? On n’en est vraiment pas loin, pourtant. Parce que je suis devenue une lectrice très difficile, sans doute – vraie réponse. Et pour ceux qui voudraient des raisons plus concrètes, parce que je regrette deux petites choses, qui n’enlèvent pourtant rien aux qualités du roman. D’abord, un détail, un seul, qui m’a fait tiquer.
❗<em>Attention, ce qui suit contient un énorme spoil.</em> 👉
<span id="AE-spoil-1" class="hidden">
La facilité et la rapidité avec lesquelles Hiroshi parvient à donner aux nanites l’ordre qui va lui permettre de les exfiltrer de Saradkov. Et pourtant, j’ai gobé avec satisfaction l’explication, quand elle arrive enfin, concernant le choix de la séquence 1-0-0-0-1-1-1-0 qui lui permet d’en prendre le contrôle. Mais enfin, il explique lui-même plus tard à quel point c’est long et compliqué de leur faire faire quelque chose qui n’était pas prévu dans les instructions d’origine, comme construire un garage. Or, quelle raison y aurait-il pour que la méthode qu’il emploie pour les exfiltrer soit déjà codée ? Il y en a peut-être une, mais elle n’apparaît pas dans l’intrigue. Dommage.
👈 </span>
<button target-id="#AE-spoil-1" class="btn btn--primary btn--small" onclick="toggle(this)">Voir le spoil</button>
Mais aussi, la représentation de la femme. Alors, entendons-nous bien, rien de dramatique. On a des femmes à des postes de pouvoir ou de savoir. Et pourtant, il m’a semblé sentir un biais sexiste dans l’écriture. Non pas parce que, des deux personnages principaux, le plus passif, celui qui voue une grande partie de son existence à chercher l’amour, est justement le personnage féminin : c’est de toute façon nécessaire au propos du roman, et de plus, la fin montre qu’il n’y a pas de jugement de valeur de l’auteur par rapport à cette attitude. Non, ce qui m’a chagrinée, c’est que certains personnages féminins sont réduits à leur rôle de mère, épouse, ou maîtresse. Alors qu’aucun personnage masculin, lui, n’est réduit à son rôle de père, époux ou amant.</p>

<h2 id="quelques-extraits">Quelques extraits</h2>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>« On n’est pas pauvres si on y réfléchit, expliqua-t-il un matin à sa mère au petit-déjeuner. On a tout, non ? » Au même instant, il se souvint de l’Omnibot qu’il aurait tant aimé avoir mais qui était trop cher. « En tout cas, on a tout ce dont on a besoin. »<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Sa mère acquiesça. « Oui, mais seulement parce que je travaille. Si j’arrêtais, nous n’aurions rien à manger le mois suivant, et celui d’après nous n’aurions plus d’appartement.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>— Et les riches, ils ne travaillent pas ?<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>— Non. Ils commandent les autres. Parce qu’ils sont riches et que les autres ont besoin de leur argent. Et eux font travailler les autres pour rester riches. »</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>« Pour eux je suis un idiot, mais pour moi ce sont eux les imbéciles. Mes frères et ma sœur ont plus d’argent qu’ils ne pourront jamais en dépenser dans leur vie, mais ils ne cessent jamais de se plaindre. Il y a toujours un concurrent qui leur veut du mal, qui leur vole des parts de marché, qui sabote les cours de la Bourse, que sais-je encore. Ils pleurent, s’échauffent et crient à tel point qu’on les croirait en guerre. Alors qu’ils sont tous milliardaires. Et pourtant ils n’ont jamais connu un jour de bonheur. »</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>« Avant l’invention de l’ordi­na­teur, il y avait, par exemple, le métier de calculateur. À l’époque, les assurances, les banques et les fonds de pension employaient des salles pleines de ces gens-là, qui ne faisaient qu’aligner des chiffres à la main, et dont les résultats étaient ensuite recalculés dans un autre service pour éliminer les erreurs. Selon votre logique, il vaudrait mieux que ces emplois existent toujours. Et c’est ce que je réfute. Si on définit le travail comme ce qu’on ne ferait pas si on n’y était pas obligé, alors on peut dire que la société sans travail est bien la grande vision de toute évolution technique. L’objectif est un monde où chacun pourrait ne faire que ce dont il a envie. »</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Il l’ouvrit et survola les hiragana tracés parfois à la hâte, parfois avec soin. <em>Master of all the Stuff</em>. L’expression ne voulait rien dire, mais elle ne lui sortit plus de l’esprit. Être le maître de toute chose, là était l’essentiel. Pour l’heure, les choses le dominaient. Il devait les nettoyer, en prendre soin, les transporter… Il les avait achetées mais, au lieu de les posséder, c’est lui qui en était devenu l’esclave !</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Le monde ne tournait pas rond. Gary faisait si bien son métier, il s’y adonnait avec tant de cœur et de passion, il était si savant : pourquoi ne pouvait-il pas en vivre ? Elle connaissait tellement de gens qui détestaient leur travail, qui le sabotaient et qui pourtant gagnaient bien leur vie. Des gens qui n’apportaient rien d’aussi précieux au monde que Gary et qui pourtant nageaient dans l’argent.</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>L’île était un véritable dépotoir.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Entre les palmiers gisaient des appareils électriques mangés par la rouille, des fûts en acier, des pneus. Les dunes basses étaient jonchées de boîtes de conserve vides, de bouteilles en plastique et de barquettes en aluminium. Là où poussait autrefois une herbe verte, la terre était couverte de détritus de toutes sortes. Le paradis tropical s’était transformé en cauchemar.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Hiroshi s’approcha d’elle. « C’est beau, hein ? Voilà le fameux recyclage des pays industrialisés. Il est visiblement trop compliqué de trier et de transformer les ordures collectées et beaucoup préfèrent les charger sur des bateaux à destination des pays pauvres. Lesquels n’ont souvent pas d’autre choix que de louer des terres où décharger les déchets et les oublier. »</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Charlotte se dit qu’il était pardonnable d’échouer. L’échec avait une certaine grandeur. Il témoignait au moins qu’on avait essayé.</p>

<h2 id="au-bilan">Au bilan</h2>

<p>À mon avis, vraiment un très grand roman de science-fiction.</p>

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<!--excerptEnd--></p>

<h2 id="ma-malédiction">Ma malédiction</h2>

<p>Confession : je souffre d’une malédiction.</p>

<p>Les fautes d’orthographe me sautent aux yeux. Sauf les miennes, pas de bol, hein. Ça, certes, c’est une malédiction aussi, mais elle est assez commune : c’est juste que quand on connaît trop bien un texte (parce qu’on l’a écrit, par exemple), l’attention se relâche à la lecture, et donc les fautes passent davantage inaperçues.</p>

<p>Bref. Les fautes me sautent aux yeux, disais-je.</p>

<p>Je vous jure que je ne les cherche pas. Je les vois, c’est tout.</p>

<p>Pire.</p>

<p>Je les <strong>entends</strong>.</p>

<p>Parce que je suis incapable de lire sans subvocaliser, donc j’entends dans ma tête tout ce que je lis. Et je l’entends avec l’accent de ma région d’origine, le Haut-Doubs. Or, j’ai découvert en quittant ce joli coin des monts du Jura situé à la frontière suisse que cet accent a une particularité finalement assez peu répandue ailleurs en France : il permet de différencier au niveau de la prononciation des choses que beaucoup de locuteurs francophones prononcent et entendent exactement de la même manière.</p>

<p>Quelques exemples. Dans ma tête, je n’entends pas de la même manière :</p>
<ul>
  <li>“<strong>tais</strong>” / “<strong>taie</strong>” dans “tais-toi” / “la taie d’oreiller”,</li>
  <li>“<strong>fuit</strong>” / “<strong>fuie</strong>” dans “le robinet fuit” / “il faut qu’elle fuie son mari violent”,</li>
  <li>“<strong>laissée</strong>” / “<strong>laissé</strong>” dans “il m’a laissée seule” / “il a laissé tomber ses études”,</li>
  <li>“j’<strong>ai</strong>” / “j’<strong>aie</strong>” dans “j’ai froid” / “il faut que j’aie confiance”,</li>
  <li>“ser<strong>ai</strong>” / “ser<strong>ais</strong>” dans “quand je serai grand” / “je serais ravie que nous puissions nous revoir”,</li>
  <li>“ven<strong>ais</strong>” / “retrouv<strong>ai</strong>” dans “je venais juste d’appeler un serrurier lorsque je retrouvai enfin mes clés”.</li>
</ul>

<p>J’arrête là avec les exemples, je pense que vous avez compris le principe : en somme, j’entends les mots comme ils s’écrivent, là où la plupart des gens doivent faire un effort conscient pour réfléchir à la manière correcte de les écrire. Ça donne d’ailleurs parfois des quiproquos dans les conversations, quand je ne comprends pas ce qu’on me dit parce qu’on le prononce d’une manière que je visualise écrite différemment, avec un sens différent (et souvent complètement incongru dans le contexte) : je bugge un moment avant de parvenir à établir le lien avec ce que mon interlocuteur a réellement voulu dire.</p>

<p>Et puis c’est très pratique pour rédiger avec peu de fautes… mais c’est aussi très pénalisant quand on lit des livres qui en sont truffés, de fautes. Parce que ça attire tellement mon œil et mon oreille que ça me sort complètement du récit. Pour l’immersion, c’est vraiment catastrophique. Ça m’a déjà gâché des lectures que j’aurais adorées si le texte avait bénéficié d’une correction digne de ce nom. 😕</p>

<h2 id="quel-rapport-avec-lédition">Quel rapport avec l’édition ?</h2>

<p>Quel rapport avec l’édition, me demanderez-vous.</p>

<p>Eh bien je déteste tellement les fautes dans les livres en général (et j’espère que vous avez compris que ce n’est pas de la pédanterie de ma part, je suis d’ailleurs convaincue par les arguments des <a href="https://www.tract-linguistes.org/reforme/" target="_blank">linguistes atterré·e·s</a> et navrée par la discrimination, notamment dans le milieu professionnel, qui s’opère souvent en fonction de la maîtrise ou non de l’orthographe) que j’ai une hantise : celle qu’il y ait des fautes dans <em>mes</em> livres. Parce que je n’ai pas envie que l’expérience de lecture de certaines personnes sur mes textes soit dégradée à cause de ce genre de problèmes.</p>

<h3 id="le-processus-éditorial">Le processus éditorial</h3>

<p>Avant d’aller plus loin, il faut que je vous parle un peu du processus éditorial.</p>

<p>Comment se passent les choses lorsque l’on a signé un contrat d’édition ?</p>

<p>Il y a plusieurs étapes qui permettent de passer du manuscrit au texte qui sera effectivement publié :</p>
<ul>
  <li>d’abord, des corrections éditoriales. Là, on travaille en premier lieu le fond du texte (structure, rythme et cohérence de l’intrigue, caractérisation des personnages, etc), puis sa forme (répétitions, précision du vocabulaire employé, tournures de phrases  maladroites, etc). Tout cela en plusieurs allers-retours entre l’éditeurice et l’auteurice (qui reste toujours l’unique décisionnaire des modifications apportées ou non, en vertu de son droit moral – inaliénable – sur son texte) ;</li>
  <li>puis, les corrections orthotypographiques, la phase qui nous intéresse ici. Le texte est confié à un·e correcteurice, qui va proposer des corrections pour toutes les erreurs de grammaire, orthographe, et typographie, les maladresses liées à la langue qui auraient échappé à l’éditeurice, etc. L’auteurice valide ensuite (ou non) ces propositions de corrections ;</li>
  <li>enfin, vient le maquettage. Le texte est mis en forme, préparé pour l’impression, et un BAT (bon à tirer) est soumis à l’auteurice pour relecture (c’est là qu’on hurle si on voit une faute dans le titre, par exemple, parce qu’après, c’est trop tard – c’est un grand classique, la faute dans le titre, parce qu’on est trop concentrés sur le reste et on oublie donc souvent de le vérifier) ;</li>
  <li>une fois le BAT validé, l’ouvrage part à l’impression, et la suite ne nous intéresse pas ici.</li>
</ul>

<p>La partie orthographe et typographie est donc <em>en théorie</em> traitée par une personne dont c’est le métier, pendant une phase du processus éditorial qui lui est dédiée.</p>

<h3 id="mes-premières-expériences">Mes premières expériences</h3>

<p>Ça a l’air carré, présenté comme ça, vous ne trouvez pas ?</p>

<p>Oui. Sauf que… dans les faits, certaines maisons d’édition (surtout les petites, mais pas que), ne passent pas par toutes ces étapes (d’où le “<em>en théorie</em>” précédent).</p>

<p>Et ça, j’en ai pris conscience en commençant à publier des nouvelles, et en échangeant avec des collègues auteurices sur leurs propres expériences de publications.</p>

<p>Il existe donc des maisons d’édition dans lesquelles il n’y a pas de corrections éditoriales. D’autres dans lesquelles il n’y a pas de vraie correction orthotypographique (elle est prise en charge par quelqu’un qui n’a pas été formé à ce travail, ou déléguée à des outils type Antidote qui rajoutent au moins autant de fautes qu’ils en corrigent, si ce n’est davantage).</p>

<p>Et puis il y a les maisons d’édition qui font les choses avec sérieux, mais qui confient la correction orthotypographique à des personnes soumises à une telle cadence qu’elles ne peuvent pas fournir un travail de qualité. Parce que de plus en plus souvent, les correcteurices ne sont pas salarié·e·s des maisons d’édition, mais prestataires. Or, une correction orthotypographique de qualité coûte cher, parce qu’elle nécessite du temps. Donc si la maison d’édition veut limiter les coûts, la correction sera de qualité moindre, même avec un·e correcteurice ayant suivi une formation digne de ce nom.</p>

<h3 id="quelques-exemples">Quelques exemples</h3>

<p>Pour quelques exemples concrets de ce à quoi j’ai pu être confrontée jusqu’ici lors de mes diverses expériences éditoriales, je vous renvoie à <a href="/newsletter/2025-03-02/#les-corrections-orthotypographiques">ma newsletter de mars 2025</a>.</p>

<h2 id="pourquoi-je-scrognogne">Pourquoi je scrognogne ?</h2>

<p>Alors, pourquoi je scrognogne, à votre avis ?</p>

<p>Eh bien d’abord parce que, sachant tout ça, et compte tenu de mes expériences et de la hantise dont je vous ai parlé plus haut, je me rends compte que j’ai du mal à faire confiance.
Puisque j’ai malheureusement constaté qu’il est possible qu’un texte revienne de la phase de correction orthotypographique avec davantage de fautes que ce qu’il contenait au départ, je me sens donc obligée de vérifier toutes les modifications apportées. Et quand elles portent sur des règles que je ne connais pas, j’effectue des recherches. C’est très chronophage. Et je ne suis pas payée pour le faire (il faudra vraiment que je parle de la rémunération des auteurices, un jour ! 😅) Et le temps que je prends à le faire, je ne le passe pas à écrire.</p>

<p>Mais aussi parce que s’il reste des fautes, et que le lectorat les pointe, à votre avis, à qui va-t-il les attribuer ? Dans la majorité des cas, à l’auteurice. Alors que <strong>la correction orthotypographique d’un texte publié ne relève pas de la responsabilité de l’auteurice</strong> (sauf en autoédition, bien sûr), mais de celle de la maison d’édition (qui la confie à des correcteurices, charge à elle de s’assurer de leur qualification).</p>

<p>Bref.</p>

<p>Si vous devez retenir une chose de ce billet ronchon, que ce soit celle-ci : <strong>si vous voyez des fautes dans un livre publié, ne blâmez pas l’auteurice</strong>. En revanche, n’hésitez pas à envoyer un petit message à la maison d’édition. On ne sait jamais, si leur lectorat commence à se plaindre massivement, cela en motivera peut-être certaines à investir dans des prestations de correction de meilleure qualité. On peut toujours rêver ! 😊</p>

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<!--excerptEnd--></p>

<h2 id="de-simple-lectrice-je-suis-devenue-aussi-autrice">De simple lectrice, je suis devenue aussi autrice</h2>

<p>J’ai été lectrice bien avant d’être autrice. Et même si j’ai commencé à écrire assez jeune
(coucou mon premier “roman” écrit à l’âge de 11 ans 😉), je n’ai envisagé cette activité
dans un objectif de publication que de longues années plus tard.</p>

<p>En tant que lectrice, je ne me suis jamais questionnée au sujet de ma légitimité ou non à donner mon avis sur les livres.
Je ne m’estimais pas moins fondée que n’importe qui d’autre à commenter mes lectures : expliquer ce qui m’avait plu,
ce qui m’avait moins plu – voire carrément déplu –, ce qui m’avait enthousiasmée, ce qui m’avait gênée, ce que j’admirais,
ce qui m’agaçait… Au même titre que je pouvais (et peux encore, sans état d’âme) donner mon avis sur telle
ou telle chanson entendue à la radio, tel ou tel film vu au cinéma, ou telle ou telle série visionnée sur mon service
de streaming favori. Bref, vous saisissez l’idée.</p>

<p>Et puis, et puis… début 2021, j’ai découvert l’existence des appels à textes, et un rêve d’enfant a refait surface :
pourquoi est-ce que je n’essaierais pas, moi aussi, d’écrire pour les autres et non plus seulement pour moi ?
Pourquoi est-ce que je ne tenterais pas de me tailler une minuscule place dans le milieu de l’édition ?</p>

<p>C’est ainsi que, de fil en aiguille, appel à textes après appel à textes, je me suis d’abord remise à écrire.
Puis que l’écriture a, petit à petit, occupé une place de plus en plus importante dans ma vie.
À tel point que j’ai même choisi de réduire autant que possible mon temps de travail (celui qui nous nourrit,
les trois bouches qui dépendent de moi et moi-même) afin de pouvoir me consacrer davantage à ce que je considère
désormais comme mon “vrai” travail : celui qui, certes,
<a href="/ecriture/2024/08/31/ecrire-des-nouvelles-ca-rapporte.html">ne me rémunère pas, ou si peu</a>,
mais auquel je consacre mes efforts les plus importants.</p>

<p>Alors, aujourd’hui, je ne suis plus simplement lectrice : je suis devenue aussi autrice. <strong>Et cela change tout.</strong></p>

<h2 id="ce-que-cela-change">Ce que cela change</h2>

<p>OK, “tout”, c’est assez vague. Donc allons-y, essayons de détailler un peu ce que recouvre concrètement ce “tout”.</p>

<h3 id="mon-regard-de-lectrice">Mon regard de lectrice</h3>

<p>La première chose qui s’est modifiée chez moi, en tant que lectrice, et qui continue à évoluer, jour après jour,
depuis que je cherche à me professionnaliser dans l’écriture, c’est le regard que je porte sur les textes.</p>

<p>Même si je lis pour le plaisir (ce qui est toujours le cas, sauf lors d’une bêta-lecture), je ne peux pas m’empêcher
de prêter attention à certains détails auxquels je n’attachais pas d’importance avant.</p>

<p>Des détails qui portent sur les techniques d’écriture utilisées et les angles d’approche choisis par l’auteurice :
quel est le point de vue adopté, comment sont caractérisés les dialogues de tel ou tel personnage, le style employé
s’accorde-t-il avec le rythme de la scène, qu’est-ce qui fait que tel ou tel passage fonctionne aussi bien et
accroche autant l’attention, etc.</p>

<p>Mais aussi des détails qui vont constituer des indices sur le niveau d’investissement éditorial, et donc me donner plus ou
moins envie de soumettre mes textes à telle ou telle maison d’édition : la couverture est-elle en phase avec les codes du genre,
a-t-elle été réalisée via IA (gros <em>red flag</em> pour moi, il faudra que j’en parle dans un autre article), la correction
orthotypographique est-elle soignée (j’ai de la chance, la plupart des fautes d’orthographe me sautent aux yeux,
du moins pour les textes que je n’ai pas écrits moi-même), reste-t-il des incohérences dans l’intrigue, la mise en
page est-elle impeccable, etc.</p>

<p>Conséquence de tout ça ? Je deviens une lectrice de plus en plus difficile.</p>

<h3 id="ma-connaissance-du-travail-que-représente-lécriture-et-la-publication-dun-roman">Ma connaissance du travail que représente l’écriture et la publication d’un roman</h3>

<p>Écrire un roman, c’est compliqué. Écrire un roman <strong>et</strong> réussir à le faire publier, encore davantage.</p>

<p>Pour écrire un roman, il ne suffit pas d’avoir une idée, de prévoir un plan, de se lancer dans l’écriture,
et une fois le point final posé, d’envoyer le résultat aux maisons d’édition.</p>

<p>Écrire un roman, c’est avant tout relire et réécrire (et répéter en boucle ces 2 étapes).</p>

<p>Parce qu’une fois le premier jet terminé (et là, on y a souvent passé déjà plusieurs mois), en général, il est impubliable.
Bourré de problèmes de toutes sortes, aussi bien sur le fond que dans la forme. Incohérences variées (dans le comportement
des personnages, dans l’intrigue, etc), défauts de rythme du récit, passages obscurs sauf dans la tête de l’auteurice,
tournures maladroites, répétitions en pagaille, etc.</p>

<p>Donc, il a besoin d’être corrigé. Voire entièrement réécrit. Première passe.</p>

<p>Puis on l’envoie à des bêta-lecteurices, qui vont le décortiquer, parce qu’après avoir passé des mois à travailler sur un même
texte, on n’a pas le recul nécessaire pour y trouver ce qui cloche encore. Normal, on n’est qu’humain.</p>

<p>Ensuite, on compile les retours des bêta-lecteurices (en priant pour que les remarques ne se contredisent pas toutes entre elles), on fait le tri
entre les éléments qu’on garde et ceux qu’on décide, après les avoir bien soupesés, de mettre de côté (et je vous assure qu’il
n’est pas rare, à cette étape-ci, de beaucoup se remettre soi-même en question), on se retrousse les manches… et on corrige
à nouveau : passages entiers à supprimer, chapitres complets à ajouter, scènes à modifier, dynamiques entre les personnages
à revoir, points majeurs de l’intrigue à modifier de fond en comble, etc.</p>

<p>Ensuite, selon l’importance des corrections apportées… On refait une passe de bêta-lectures, et rebelote. Ou bien on estime
pouvoir enfin passer à l’étape suivante : les corrections de forme. Et là, on lit et relit son texte des dizaines de fois, pour
peser chaque mot, vérifier chaque tournure, s’assurer que les dialogues sonnent de manière naturelle, qu’on n’a pas laissé de
répétition involontaire, etc.</p>

<p>Au final, quand on arrive à une version qu’on estime pouvoir envoyer en soumissions aux maisons d’édition, on <del>ne peut plus voir
son texte en peinture</del> a travaillé de longs mois sur le manuscrit, parfois des années. Pour ma part, à ce stade, j’ai passé
grosso modo l’équivalent d’un travail à temps plein de 6 mois à un an (pris sur les heures libérées par mon temps partiel,
mes soirées, mes week-ends, et mes vacances…
je vous raconterai peut-être une prochaine fois comment tout cela m’a sûrement fait frôler le burn-out en août 2024 😬). Ce qui
n’est pas anodin comme quantité de travail, vous en conviendrez. Et ce, alors que mes romans sont plutôt courts. Certain·e·s
auteurices sont plus rapides, d’autres moins. Cela dépend à la fois de la personne et du texte.</p>

<p>Et…</p>

<p>Ce n’est pas fini !</p>

<p>Car si le manuscrit est accepté par une maison d’édition, il va à nouveau être corrigé. Ce que les bêta-lecteurices n’avaient pas
vu, l’œil professionnel de l’éditeurice va le débusquer, et c’est donc reparti pour un tour, où on compile les retours,
on regarde ceux avec lesquels on est en phase, ceux avec lesquels on ne l’est pas, et on remodifie son texte. Il peut y avoir
plusieurs allers-retours, d’abord sur le fond, ensuite sur la forme.</p>

<p>Puis le roman part en corrections orthotypographiques, puis en maquettage, et vient alors <strong>enfin</strong> le BAT (Bon À Tirer),
où on a une dernière relecture à effectuer pour <del>terminer de se convaincre qu’on a accouché du texte le plus nul de
tout l’univers</del> s’assurer que tout est OK avant l’envoi à l’imprimeur.</p>

<p>Alors, maintenant que je sais quelle montagne de travail se cache derrière la publication d’un roman… qui serais-je
si j’allais clamer publiquement que le résultat de ce travail acharné ne me plaît pas ? Cela reviendrait à cracher
sur le travail d’un·e collègue – qui plus est, face à des gens qui ne sont pas du métier –, alors qu’au fond, il n’est
question que d’une simple différence de goûts.</p>

<h3 id="ma-prise-de-conscience-de-lattachement-émotionnel-dune-auteurice-à-son-texte">Ma prise de conscience de l’attachement émotionnel d’un·e auteurice à son texte</h3>

<p>Écrire un roman, c’est compliqué, on vient de le voir, parce que cela demande une importante quantité de travail.
OK.</p>

<p>Mais il y a d’autres choses qui demandent une importante quantité de travail. Par exemple, dans mon job alimentaire,
si un·e collègue vient me trouver pour m’expliquer que le projet sur lequel je bosse depuis un an ne tient pas
la route, et m’avance des arguments en ce sens, je ne vais pas avoir envie de me pendre. Je l’écouterai, je pourrai ou non
me trouver en phase avec sa démonstration, je serai peut-être en accord concernant certains points et en désaccord sur d’autres.
Bref, on discutera, et de cet échange pourront naître des idées de modifications, d’améliorations, etc.</p>

<p>Alors quelle différence avec l’écriture ?</p>

<p><strong>Les tripes</strong>.</p>

<p>Là où je n’ai qu’une posture strictement professionnelle dans mon travail alimentaire, je mets un petit bout de moi dans chacun
de mes textes. L’attachement n’est donc pas <strong><em>du tout</em></strong> le même.</p>

<p>Bien sûr, si, suite à l’hypothétique discussion professionnelle évoquée ci-dessus, je me rends compte que je dois mettre à la
poubelle ce sur quoi j’ai travaillé depuis un an, ça ne va pas m’amuser. Idem si mon patron décide que la stratégie de l’entreprise
a changé et que ce sur quoi je bosse depuis 4 ans n’est plus une priorité, et qu’on va laisser mourir le produit
(ça sent le vécu ? Peut-être parce que ça l’est 😅). Mais ça ne va pas non plus me rendre malade. Après tout, j’aurai été
payée pour le travail effectué, et je conserverai la satisfaction de l’avoir accompli de mon mieux et avec sérieux. Le reste
n’est pas de mon ressort. Et de toute façon, si je n’avais pas besoin de manger, je n’aurais sans doute rien fait de tout ça (aaah,
tout l’amour que j’ai pour mon job, c’est beau, non ?)</p>

<p>Mais mes textes… C’est <em>moi</em> qui ai choisi de les écrire. Au niveau émotionnel, je m’investis <em>énormément</em> dedans.
L’acte d’écrire est un acte hautement impudique. La première fois que j’ai fait lire une de mes nouvelles, j’ai eu l’impression de
me montrer dévêtue (non, ce ne sont pourtant pas des récits autobiographiques). Et cet intense niveau d’investissement émotionnel
est similaire chez quasiment tou·te·s les auteurices que je connais.</p>

<p>Alors chaque commentaire négatif ou en demi-teinte, même argumenté, va avoir le pouvoir de me saper le moral à l’extrême. Surtout
s’il arrive à un moment où je traverse une phase de doute, ou si, pour une raison ou une autre – qui a ou non à voir avec
l’écriture –, mon état mental s’avère déjà fragile.</p>

<p>Est-ce que j’ai envie de subir ça ? Pas vraiment, non. 😅 Même si je sais, évidemment, que c’est l’un des aspects du travail
des auteurices : s’exposer publiquement, ou du moins, exposer publiquement ses textes, c’est aussi s’exposer / les exposer à
la critique, élogieuse ou assassine. Mais disons que devoir me confronter aux commentaires négatifs le moins souvent possible
ne me dérangerait pas.</p>

<p>Est-ce que j’ai envie de faire subir ça à mes collègues ? Non plus. 😉</p>

<h3 id="ma-découverte-de-limportance-des-avis--critiques--chroniques-dans-le-milieu-éditorial">Ma découverte de l’importance des avis / critiques / chroniques dans le milieu éditorial</h3>

<p>Très bien, il me suffit alors de ne donner nulle part mon avis sur mes lectures.</p>

<p>Alors oui… mais non. 🤡</p>

<p>Parce que voyez-vous, ce serait beaucoup trop simple !</p>

<p>Car qu’ai-je donc découvert, aussi, ces dernières années ? L’<strong>importance</strong> des avis / critiques / chroniques.</p>

<p>Petite explication : savez-vous ce qui est encore plus compliqué que d’écrire un roman ?</p>

<p>Le vendre…</p>

<p>Ou, plus exactement, <strong>bien</strong> le vendre. C’est à dire en vendre <strong>beaucoup</strong>, n’ayons pas peur des mots. Parce que l’édition
est un business, et que pour qu’une maison d’édition puisse continuer à publier des livres et rémunérer toutes les personnes
qui ont travaillé dessus (y compris l’auteurice)… Eh bien il faut qu’elle parvienne à les vendre.</p>

<p>À combien s’élève le “beaucoup”, ça, c’est une autre question, et ça va dépendre de plein de facteurs. Les ventes de tel
ou tel titre publié par telle ou telle maison peuvent très bien ne pas être considérées comme satisfaisantes,
alors même qu’un volume de ventes identique pour un autre titre dans une autre maison sera au contraire considéré comme un succès.
Mais ce n’est pas ça que je veux évoquer ici.</p>

<p>Ce dont je veux parler, c’est la difficulté de vendre au volume attendu. Et dans l’atteinte de cet objectif, les avis
/ critiques / chroniques jouent un rôle crucial. Car un livre dont personne n’a jamais entendu parler, même s’il s’agit d’un
chef d’œuvre, ne se vendra pas.</p>

<p>Ce qui fait vendre un livre, c’est sa visibilité. Attention, je ne dis pas que c’est un critère suffisant. Mais c’est en tout
cas un critère <strong>nécessaire</strong>.</p>

<p>Et sa visibilité se décline sur plusieurs plans :</p>

<ul>
  <li>visibilité en librairie (un livre mis en avant sur une table, avec une jolie pile du même titre, se vendra mieux que
l’exemplaire unique d’un titre concurrent coincé sur un rayonnage à 2,25 mètres de hauteur, ou que cet autre titre qui
n’a même pas été déballé du carton et sera renvoyé tel quel au distributeur – oui, ça existe) ;</li>
  <li>visibilité dans les médias traditionnels (chroniques à la radio, à la télé, affiches dans les couloirs du métro,
dans les gares, encarts dans les journaux ou magazines, etc) ;</li>
  <li>visibilité en ligne : sur les sites spécialisés (Babelio, Booknode, Goodreads, Livraddict, etc), sur les réseaux sociaux
(Instagram, TikTok, Facebook, BlueSky, etc), sur les blogs de lecteurices, sur les sites marchands (Amazon, Fnac, etc), sur
les sites des maisons d’édition, etc ;</li>
  <li>visibilité via le bouche à oreille (recommandation par la famille, les amis, les collègues, par des médiathécaires, etc).</li>
</ul>

<p>📢 J’en profite pour passer un petit message : si vous aimez un roman, <strong>parlez-en</strong> autour de vous et
<strong>déposez un avis</strong> en ligne (pas besoin de faire long, une ou deux phrases peuvent suffire) ! 😉</p>

<p>📌 D’ailleurs, le saviez-vous ? Il n’y a pas que pour les ventes que les avis sont cruciaux. Pour l’avenir éditorial du 
livre lui-même, ils jouent aussi. Par exemple, certaines structures regardent les avis (notamment la <em>quantité</em> d’avis) Amazon
pour décider ou non de publier un roman en version audio, au format poche, ou pour le traduire dans une langue étrangère.</p>

<h2 id="alors-on-fait-quoi-maintenant">Alors on fait quoi, maintenant ?</h2>

<p>Donc si je résume : laisser un avis ou un commentaire en ligne sur les romans de mes collègues auteurices peut les aider
à vendre davantage et à obtenir de nouvelles opportunités pour leurs textes.</p>

<p>Mais laisser un avis ou un commentaire négatif me pose un problème moral.</p>

<p>Alors je fais quoi, maintenant ?</p>

<p>Déjà, je pense que je vais réserver les avis sur ce blog uniquement à mes coups de cœur.</p>

<p>Ensuite, il y a le cas des livres que j’ai vraiment aimés : là, c’est facile. Je peux poster mon avis sans état d’âme.
Je vais d’ailleurs essayer de continuer à le faire. Pas ici, sur le blog, mais au moins sur les plate-formes de lecture et/ou
de vente.</p>

<p>Et pour les livres que j’ai moins appréciés ?</p>

<p>Si l’auteurice est décédé·e, je me permettrai de poster mon avis sans filtre : je ne blesserai personne.
Sinon… selon les cas, soit je passerai tout simplement mon chemin, soit je me focaliserai sur les points qui m’auront
plu (il y en a toujours, sinon, en général, je ne poursuis pas au delà des deux ou trois premières pages).</p>

<hr />
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<!--excerptEnd--></p>

<p>Début 2022 et 2023, pleine d’enthousiasme, je m’étais fixé des objectifs d’écriture. Ce qui a eu l’énorme avantage, en fin d’année, de me permettre de
comparer ce que j’avais fait à ce que j’avais prévu de faire. Et a ainsi mis en évidence deux choses :</p>

<ul>
  <li>j’ai beau me fixer des objectifs, je me retrouve toujours à faire autre chose que ce que j’avais envisagé
(exactement comme quand je fais un plan avant d’écrire : mes personnages décident toujours, à un moment ou un autre, de dévier de ce plan…)</li>
  <li>ces bilans sont fort utiles pour mon moral, parce qu’ils m’obligent à me poser pour regarder ce que j’ai accompli.</li>
</ul>

<p>Début 2024, le naturel a repris le dessus, et si j’ai attaqué l’année avec l’intention de me fixer à nouveau des objectifs, lorsque décembre est arrivé,
je n’ai pu que constater que, finalement, je ne l’avais pas fait. 🤡</p>

<p>Qu’à cela ne tienne : ce n’est pas parce que je n’avais pas d’objectifs que je n’ai rien accompli !</p>

<p>Et donc, il est temps de me poser pour dresser un petit bilan, et peut-être me sortir de la tête cette sensation d’échec que je traîne depuis plusieurs mois,
suite à une jolie salve de refus (pour divers appels à textes) qui m’a un peu miné le moral.</p>

<h2 id="les-nouvelles">Les nouvelles</h2>

<h3 id="côté-écriture">Côté écriture</h3>

<p>Cette année, je n’ai écrit que <strong>5 nouvelles</strong>. C’est beaucoup moins que les années précédentes,
on dirait que je commence enfin à me montrer raisonnable sur ce plan-là !</p>

<h3 id="côté-soumissions">Côté soumissions</h3>

<p>Avec ces 5 nouvelles, et quelques autres que j’avais déjà écrites les années précédentes, j’ai participé à <strong>9 appels à textes</strong> au fil de l’année, 
et la dernière nouvelle, que j’ai écrite courant décembre, sera soumise début janvier.</p>

<p>Alors, ces appels à textes, qu’est-ce que ça a donné ? Eh bien c’est là que ce n’est pas folichon… Dans le détail :</p>
<ul>
  <li>2 réponses en attente,</li>
  <li>6 refus,</li>
  <li><strong>1 oui, pour une publication à venir en avril 2025</strong> (je n’ai pas encore le droit d’en dire davantage pour le moment).</li>
</ul>

<p>Le oui porte sur un texte que j’ai écrit dans l’année, donc sur ma production de nouvelles 2024, cela fait pour le moment <strong>20 % de réussite</strong>, on va dire que ce n’est pas si mal (on se console comme on peut, hein 😅).</p>

<p>Et sur les 4 nouvelles restantes, une n’est pas encore soumise (mais elle sera refusée, parce que sur cet appel à textes-là, la concurrence s’annonce vraiment ultra rude), une est encore en attente de réponse, et deux ont été refusées, ce qui représente donc à ce jour <strong>40 % d’échec</strong>, et non 80 % (on se console comme on peut, bis 😆).</p>

<h3 id="côté-publications">Côté publications</h3>

<p>2024 a vu plusieurs publications de nouvelles :</p>

<ul>
  <li>en janvier, <a href="/publications/enfants-des-neiges/"><em>Enfants des neiges</em></a>, autoéditée en ebook fin 2021, s’est offert une version papier,</li>
  <li>en janvier, <a href="/publications/ceux-qui-rapportent-et-ceux-qui-coutent/"><em>Ceux qui rapportent… et ceux qui coûtent</em></a> a été publiée dans le recueil <em>Nouvelles du travail</em>, tome 18, de l’ARACT Occitanie,</li>
  <li>en avril, <a href="/publications/dragonirie/"><em>Dragonirie</em></a> a été publiée dans l’anthologie <em>Explorations insolites</em> du salon Imagina’livres 2024,</li>
  <li>j’ai récupéré mes droits et publié en autoédition début décembre <a href="/publications/echos-graphiques/"><em>Échos graphiques</em></a>, qui avait été signée en maison d’édition en 2021, publiée dans une anthologie fin 2023, mais n’avait pas donné lieu à une expérience éditoriale satisfaisante pour moi.</li>
</ul>

<h2 id="les-romans">Les romans</h2>

<p>Côté romans, l’année a été beaucoup plus rose. J’ai donc en réalité de bonnes raisons de me réjouir, puisque c’est désormais ce format-là que je souhaite privilégier.</p>

<p>Dans le détail, qu’est-ce que cela donne ?</p>

<ul>
  <li><a href="/publications/cercueil-et-prejuges/">un roman, <em>Cercueil et préjugés</em>,</a> <strong>accepté par deux maisons d’édition</strong> et signé dans l’une d’elles, pour une publication à venir à l’été 2025,</li>
  <li><a href="/publications/projets-en-cours/#un-mensonge-sans-conséquence">un roman, <em>Un mensonge sans conséquence</em>,</a> débuté, écrit entièrement, <strong>finaliste d’un concours d’écriture</strong>, bêta-lu, corrigé, <strong>repéré par une agente littéraire</strong>, signé pour une représentation par cette même agente, et parti en soumissions éditoriales : ça, si on me l’avait prédit il y a un an, je ne l’aurais jamais cru. Quoi qu’il arrive avec ce texte, je considère que c’est à ce jour ma plus belle <em>success story</em> d’écriture ! 🥰</li>
  <li>un roman court YA, <em>E comme…</em>, écrit, bêta-lu, corrigé, et qui partira sûrement en soumissions en 2025 (mais le format est ultra particulier donc j’ai vraiment très peu d’espoir pour ce texte, que j’aime pourtant beaucoup…)</li>
  <li><a href="/publications/projets-en-cours/#19579c">un nouveau roman, <em>45,93 grammes</em>,</a> en cours d’écriture (sur le pitch d’un précédente tentative, mais en reprenant l’écriture de zéro), dont j’espère terminer le premier jet d’ici fin mars 2025.</li>
</ul>

<h2 id="les-salons">Les salons</h2>

<p>J’ai participé en tant qu’autrice à deux petits salons en 2024 :</p>
<ul>
  <li>le <a href="/assets/images/events/salon-auteurs-villenavais-2024.jpg">salon des auteurs villenavais</a>, en février, à la médiathèque voisine de chez moi (33),</li>
  <li>le <a href="/assets/images/events/affiche-salon-imaginalivres-2024.jpg">salon Imagina’livres</a>, en avril, à Portet-sur-Garonne (31), pour y dédicacer les deux anthologies <em>Sorcellerie végétale</em> et <em>Explorations insolites</em>.</li>
</ul>

<h2 id="la-visibilité">La visibilité</h2>

<p>À nouveau, je le constate cette année comme les précédentes, la communication, ce n’est vraiment pas mon point fort.</p>

<p>Grâce à ma publication d’une nouvelle dans <a href="/publications/sinistre-volonte/"><em>L’Indé Panda n°13</em></a> en 2023, j’ai tout de même pu voir en 2024 <a href="https://lindepanda.fr/interview-catherine-phan-van/" target="_blank">ma première interview publiée en ligne</a>.</p>

<p>Mais côté communauté de lecteurices, que ce soit sur ma <a href="/newsletter/">newsletter</a> ou sur les <a href="/liens-utiles#mes-r%C3%A9seaux-sociaux">réseaux sociaux</a>, je n’ai guère de quoi me vanter.</p>

<p>Ma <a href="/newsletter/">newsletter mensuelle</a> rencontre toujours aussi peu de succès (et pourtant, j’aime toujours autant l’écrire 😊), mais je trouve moi-même que je reçois beaucoup trop d’emails donc je comprends très bien les réticences qu’on peut avoir à s’abonner à ce type de contenu.</p>

<p>Quant à mes <a href="/liens-utiles#mes-r%C3%A9seaux-sociaux">réseaux sociaux</a>, je vais me cantonner à <a href="https://www.instagram.com/cathphanvan/" target="_blank">Instagram</a>, parce que je ne poste quasiment rien sur les autres, et les consulte très peu : j’ai légèrement dépassé les 350 abonné·e·s, ce qui représente une centaine d’abonnements supplémentaires par rapport à fin 2023. Ceci dit, je n’ai aucune stratégie de contenu, et pas grand chose à y raconter, donc rien de très étonnant à ce que mon compte n’ait qu’une visibilité minuscule. On va dire que, étant donné le temps que j’y investis, je suis sans doute dans les clous.</p>

<h2 id="les-copines">Les copines !</h2>

<p>Je le mets au féminin parce que ce sont surtout des femmes (mais pas que). 😊</p>

<p>J’ai à nouveau fait de très belles rencontres littéraires en 2024, surtout en ligne, mais aussi en salons, et c’est vraiment un bonheur chaque année
renouvelé de me rendre compte à quel point une activité qui peut sembler aussi solitaire que l’écriture permet en réalité de tisser des liens avec tout
un tas de personnes adorables, et même parfois de construire de très belles amitiés.</p>

<p>Et puis j’ai mes fidèles Julie et Anaïs, toujours prêtes à me botter les fesses (et réciproquement) pour me motiver  au cours de nos deux sessions d’écriture
hebdomadaires, et sans elles, c’est certain, les périodes de découragement qui surviennent toujours, à un moment ou un autre, dans la vie des auteurices,
seraient bien plus difficiles à surmonter.</p>

<p>Alors merci à toutes ces personnes-là d’avoir fait à nouveau de cette année d’écriture 2024 une magnifique année d’échanges ! 🥰</p>

<h2 id="alors-satisfaite">Alors, satisfaite ?</h2>

<p>Oui !</p>

<p>Parce que même si je dois avouer être plutôt déçue côté nouvelles, je suis en revanche très satisfaite côté romans, et ravie d’être aussi bien entourée, donc le bilan global est positif pour moi cette année !</p>

<hr />
<hr />
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<p class="text-center">👉 <em>Découvrez les <a href="/blog/tags#interview">interviews d’auteurs ou autrices</a>.</em></p>]]></content><author><name>Catherine Phan van</name></author><category term="ecriture" /><category term="viedautrice" /><category term="écriture" /><category term="bilan" /><category term="objectifs" /><summary type="html"><![CDATA[Il est temps de jeter un petit coup d’œil dans le rétroviseur !]]></summary></entry><entry><title type="html">Écrire des nouvelles, ça rapporte ?</title><link href="https://catherinephanvan.fr/ecriture/2024/08/31/ecrire-des-nouvelles-ca-rapporte.html" rel="alternate" type="text/html" title="Écrire des nouvelles, ça rapporte ?" /><published>2024-08-31T11:30:00+00:00</published><updated>2024-08-31T11:30:00+00:00</updated><id>https://catherinephanvan.fr/ecriture/2024/08/31/ecrire-des-nouvelles-ca-rapporte</id><content type="html" xml:base="https://catherinephanvan.fr/ecriture/2024/08/31/ecrire-des-nouvelles-ca-rapporte.html"><![CDATA[<p>J’écris et publie des nouvelles depuis 2021, mais suis-je en bonne voie pour devenir riche ? Je vous dévoile tous mes chiffres !
<!--excerptEnd--></p>

<h2 id="tous-mes-chiffres-vraiment">Tous mes chiffres, vraiment ?</h2>

<p>Aïe. Déjà, là, ça va coincer. Je ne peux pas tous vous les dévoiler… pour la simple et bonne raison que je ne les connais pas tous.</p>

<p>Donc, je vous dévoile tous les chiffres <strong>que je connais à ce jour</strong>.</p>

<p>Et pourquoi donc est-ce que je ne les connais pas tous ? C’est normal, ça ?</p>

<p>Eh bien oui. C’est tout à fait normal. En tout cas, avec les règles de l’édition telles qu’elles existent actuellement. Parce qu’une maison d’édition n’est tenue de remettre une <strong>reddition des comptes</strong> (le relevé des droits d’auteur et de toutes les ventes, exemplaires sans droits, etc) qu’<strong>au minimum une fois par an</strong>. Certaines le font plus souvent, mais légalement, rien ne les y oblige. Conséquence ? Après la publication d’un ouvrage, on peut donc attendre un an avant de connaître le nombre d’exemplaires vendus et de toucher les droits correspondants.</p>

<p>Et il y a aussi le cas de toutes les nouvelles que j’ai cédées sans droits. Là, souvent, il n’y a aucune reddition de comptes, et je n’ai alors pas connaissance du nombre d’exemplaires vendus (sauf à tomber sur un·e anthologiste sympa qui communique l’info aux auteurices, ça arrive de temps en temps et on remercie vraiment ces gens-là 😊).</p>

<p>Cette réserve étant posée, c’est parti !</p>

<h2 id="le-tableau-qui-tue">Le tableau qui tue</h2>

<p>(chiffres au 31 août 2024)</p>

<table>
  <thead>
    <tr>
      <th>Titre</th>
      <th>Type</th>
      <th>Quantité vendue</th>
      <th>Prix de vente</th>
      <th>Prix d’achat</th>
      <th>Frais de transaction</th>
      <th>Bénéfices</th>
      <th>Droits d’auteur</th>
      <th><strong>Total</strong></th>
    </tr>
  </thead>
  <tbody>
    <tr>
      <td><strong>Total</strong></td>
      <td> </td>
      <td><strong>689</strong></td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td><strong>119,33€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Plein Sud (<em>Réticule #11</em>)</td>
      <td>Cession sans droits</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Évasion nocturne (<em>Pas vu, pas lu n°6</em>)</td>
      <td>Cession sans droits</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Les Pipistrelles de Gabriel (anthologie <em>Créatures de la nuit</em>)</td>
      <td>Cession sans droits</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Le Cadeau des fées (anthologie <em>Solstice d’été</em>)</td>
      <td>Vente directe</td>
      <td>3</td>
      <td>17,00€</td>
      <td>9,20€</td>
      <td> </td>
      <td>7,80€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>23,40€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Le Cadeau des fées (anthologie <em>Solstice d’été</em>)</td>
      <td>Exemplaires hors droits</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Le Cadeau des fées (anthologie <em>Solstice d’été</em>)</td>
      <td>Droits d’auteur 2021</td>
      <td>86</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>17,89€</td>
      <td><strong>17,89€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Enfants des neiges</td>
      <td>Amazon – papier</td>
      <td>2</td>
      <td>5,00€</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,79€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>1,58€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Enfants des neiges</td>
      <td>Amazon – ebook</td>
      <td>1</td>
      <td>0,99€</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,34€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>0,34€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Enfants des neiges</td>
      <td>Amazon – ebook</td>
      <td>2</td>
      <td>0,99€</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,33€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>0,66€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Enfants des neiges</td>
      <td>Amazon – ebook</td>
      <td>33</td>
      <td>0,00€</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Enfants des neiges</td>
      <td>Amazon – abonnement Kindle</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,09€</td>
      <td><strong>0,09€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Enfants des neiges</td>
      <td>vente directe – papier</td>
      <td>3</td>
      <td>5,00€</td>
      <td>2,05€</td>
      <td> </td>
      <td>2,95€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>8,85€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Enfants des neiges</td>
      <td>vente directe – papier</td>
      <td>1</td>
      <td>5,00€</td>
      <td>2,05€</td>
      <td>0,09€</td>
      <td>2,86€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>2,86€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Enfants des neiges</td>
      <td>vente directe – ebook</td>
      <td>1</td>
      <td>0,99€</td>
      <td> </td>
      <td>0,41€</td>
      <td>0,58€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>0,58€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>L’Ours en flanelle (<em>Le m(AE)g’ n°4</em>)</td>
      <td>Cession sans droits</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Pot à céder (anthologie <em>Sorcellerie végétale</em>)</td>
      <td>Vente directe</td>
      <td>1</td>
      <td>20,00€</td>
      <td>11,00€</td>
      <td>0,35€</td>
      <td>8,65€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>8,65€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Pot à céder (anthologie <em>Sorcellerie végétale</em>)</td>
      <td>Cession sans droits</td>
      <td>182</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Élégie à une selkie (anthologie <em>N°8</em> Érudition &amp; Poésie*)</td>
      <td>Exemplaires hors droits</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Élégie à une selkie (anthologie <em>N°8</em> Érudition &amp; Poésie*)</td>
      <td>Droits d’auteur</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
    </tr>
    <tr>
      <td>La Vallée cachée (anthologie <em>Interstices</em>)</td>
      <td>Exemplaires hors droits</td>
      <td>18</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>La Vallée cachée (anthologie <em>Interstices</em>)</td>
      <td>Droits d’auteur S2-2023</td>
      <td>191</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>36,91€</td>
      <td><strong>36,91€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>La Vallée cachée (anthologie <em>Interstices</em>)</td>
      <td>Droits d’auteur S1-2024</td>
      <td>21</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>4,15€</td>
      <td><strong>4,15€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Sinistre Volonté (<em>L’Indé Panda n°13</em>)</td>
      <td>Vente directe</td>
      <td>1</td>
      <td>10,00€</td>
      <td>3,85€</td>
      <td> </td>
      <td>6,15€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>6,15€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Sinistre Volonté (<em>L’Indé Panda n°13</em>)</td>
      <td>Cession sans droits</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>L’Arbre de lune (anthologie <em>Légendes</em>)</td>
      <td>Cession sans droits</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Échos graphiques (anthologie <em>Creepy Christmas</em>)</td>
      <td>Exemplaires hors droits</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Échos graphiques (anthologie <em>Creepy Christmas</em>)</td>
      <td>Droits d’auteur</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Ceux qui rapportent… et ceux qui coûtent (anthologie <em>Nouvelles du travail 2024</em>)</td>
      <td>Cession sans droits</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Dragonirie (anthologie <em>Explorations insolites</em>)</td>
      <td>Vente directe</td>
      <td>1</td>
      <td>20,00€</td>
      <td>12,00€</td>
      <td>0,78€</td>
      <td>7,22€</td>
      <td> </td>
      <td><strong>7,22€</strong></td>
    </tr>
    <tr>
      <td>Dragonirie (anthologie <em>Explorations insolites</em>)</td>
      <td>Cession sans droits</td>
      <td>142</td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td> </td>
      <td>0,00€</td>
      <td><strong>0,00€</strong></td>
    </tr>
  </tbody>
</table>

<h2 id="quelques-commentaires">Quelques commentaires</h2>

<h3 id="comment-avoir-des-indices-sur-le-nombre-de-ventes-quand-on-na-pas-linfo">Comment avoir des indices sur le nombre de ventes quand on n’a pas l’info</h3>

<p>Parfois, on n’a pas les infos sur le nombre d’exemplaires vendus, mais on peut savoir si le livre se vend plutôt bien ou non sur Amazon, en regardant l’historique du classement des ventes.</p>

<p>OK, ces infos sont très limitées : d’abord, cela ne concerne qu’Amazon (or, certaines structures ne vendent quasiment qu’en salons) ; ensuite, il faut avoir été déclaré comme auteurice de l’ouvrage par la maison d’édition (pour une anthologie, si seule la mention “collectif” apparaît, par exemple, impossible de rattacher le livre à son compte auteur et donc d’avoir accès à l’historique du classement). Mais elles restent toujours bonnes à prendre.</p>

<p>2 exemples :</p>

<p><img src="/assets/images/posts/2024-08-31-ventes-indepanda-13.jpg" alt="Ventes ebook de *L'Indé Panda n°13*" /></p>

<p><img src="/assets/images/posts/2024-08-31-ventes-creepy-christmas.jpg" alt="Ventes papier (version brochée) de *Creepy Christmas*" /></p>

<p>Chaque pic représente un ou plusieurs exemplaires vendus. On voit sur la première courbe que l’ebook de <em>L’Indé Panda n°13</em> se vend plutôt bien sur Amazon, ce qui n’est pas le cas du broché de <em>Creepy Christmas</em> (seconde courbe).</p>

<h3 id="hey-au-moins-689-exemplaires-vendus-tous-titres-confondus-cest-pas-mal-non">Hey, au moins 689 exemplaires vendus (tous titres confondus), c’est pas mal, non ?</h3>

<p>Moi je trouve ça carrément bien, en tout cas. 🥰 Sachant que c’est un minimum, puisqu’il y a quand même un certain nombre de publications pour lesquelles je n’ai pas l’info. Et qu’en 2021, je n’avais <strong>aucun</strong> lectorat et je ne connaissais <strong>personne</strong> dans le milieu.</p>

<p>Mais je remarque aussi une chose. C’est que l’autoédition, apparemment, ce n’est pas fait pour moi. Il suffit d’observer le nombre de ventes d’<em>Enfants des neiges</em>. Vous avez vu ? Les anthologies font toujours mieux. Largement. Alors, OK, c’est sûrement aussi parce qu’il y a plusieurs auteurices au sommaire, donc ça multiplie le nombre potentiel de proches susceptibles de les acheter. Mais je pense qu’il n’y a pas que ça : je suis sûre que la notoriété de la structure et la fidélité de son lectorat jouent aussi (et je n’ai été publiée que par de très petites structures). Bref, communiquer, vendre… c’est un métier. Et ce n’est clairement pas le mien. Je ne sais pas faire. J’ai besoin de pouvoir m’appuyer sur une maison d’édition.</p>

<h3 id="bon-11933-de-gagnés-en-3-ans-ok-cest-pas-ouf-mais-ça-reste-positif">Bon, 119,33€ de gagnés en 3 ans… OK, c’est pas ouf, mais ça reste positif</h3>

<p>Oui mais non.</p>

<p>Parce que ces chiffres ne tiennent pas compte de mon (tout petit) stock (qui dit stock dit investissement) encore invendu, des exemplaires que j’ai achetés et cédés gratuitement (services presse, proches, etc), et de mes autres frais divers (aller à un salon à Toulouse, ça coûte des sous ; acheter ses premiers ISBN à l’AFNIL pour s’autoéditer aussi, et un nom de domaine pour son site web également).</p>

<p>Alors je reste <strong>très</strong> loin de certain·e·s auteurices autoédité·e·s qui dépensent plusieurs milliers d’euros (voire des montants à cinq chiffres) et ne rentrent jamais dans leurs frais.</p>

<p>Mais pour le moment, au global, je suis dans le négatif aussi.</p>

<h2 id="conclusion">Conclusion ?</h2>

<p>Je doute que ce soit un scoop, mais…</p>

<p><strong>Si vous voulez devenir riche, choisissez un autre job que novelliste.</strong> 😁</p>

<p>En revanche, ce qui est certain, c’est qu’écrire et publier des nouvelles m’a apporté beaucoup. Alors, certes, pas sur le plan financier, mais sur tout le reste : rencontres avec tout un tas d’adorables personnes, connaissance du milieu éditorial et de ses pratiques, amélioration de ma plume… Et j’en suis ravie. 🥰</p>

<hr />
<hr />
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<!--excerptEnd-->
Un coup de cœur !</p>

<h2 id="le-roman">Le roman</h2>

<h3 id="genre-fantasy">Genre : fantasy</h3>

<p>Marathon Éditions<br />
Disponible en versions brochée et numérique</p>

<p class="notice--info"><strong>Résumé</strong><br />
Dans les Archipels-Joyaux, les dragons ne sont pas de chair. Créatures mécaniques ou végétales, ces protecteurs des îles sont fabriqués par leur cavalier et animés par un cœur de tempête. Habituellement sauveteurs en mer, messagers, cartographes, les dragonniers veillent pacifiquement sur leurs îles tropicales. Cette paix vole en éclats quand Akhan, mercenaire à la tête d’une flotte d’invasion, abat un dragon et capture Clémence, sa cavalière.</p>

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      <a href="/assets/images/posts/2024-08-01_coeur-de-cyclone-cover.webp">
          <img src="/assets/images/posts/2024-08-01_coeur-de-cyclone-cover.webp" alt="couverture du roman C&oelig;ur de Cyclone" />
      </a>
    
  
  
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<h2 id="mon-avis">Mon avis</h2>

<p>J’ai découvert la plume de R. Senelier dans l’anthologie <a href="/publications/la-vallee-cachee">Interstices</a> des éditions HPF, avec sa nouvelle <em>Les Fées de Tchernobyl</em>. C’est avec plaisir que j’ai retrouvé dans <em>Cœur de Cyclone</em>, son premier roman, toute la poésie et la tendresse pour ses personnages qui la rendent si lumineuse.</p>

<p>On pourrait dire de <em>Cœur de Cyclone</em> que c’est un roman de science-fantasy post-apocalyptique. On risquerait cependant de faire croire à un univers plutôt sombre. On pourrait préciser que le texte s’inscrit dans le mouvement solarpunk, afin de souligner son côté optimiste. Ce serait à mon avis encore trop réducteur. Parce que si <em>Cœur de Cyclone</em> est effectivement tout cela, c’est aussi bien davantage. C’est un roman que j’ai trouvé foisonnant : de l’idée de ces dragons, mécaniques ou végétaux, animés par des cœurs de tempête, aux considérations écologiques sur les bouleversements dont peuvent se rendre responsables les sociétés humaines, en passant par les noms surprenants, inventifs et attendrissants des personnages, les plans militaires machiavéliques des deux camps qui s’affrontent, la multitude de personnages aussi divers et charismatiques que touchants, leurs discussions sur des thématiques aussi hétéroclites que la liberté, la démocratie, ou le choix du nom de ses animaux domestiques… je me suis régalée. R. Senelier aime ses personnages, ses paysages, ses dragons et leurs tempêtes, et ça se sent : son amour rayonne à travers ses mots.</p>

<p>J’ai eu un mal fou à ne retenir que quelques extraits pour vous les partager ici : j’aurais voulu tout surligner. Ce texte est un véritable bijou, qui ne demande qu’à vous surprendre, vous émouvoir, vous attendrir, vous faire rire et pleurer, et vous émerveiller, page après page.</p>

<h2 id="quelques-extraits">Quelques extraits</h2>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>— Nous les appelons, Douce. Nous les appelons, ces tempêtes pour lesquelles tu t’inquiètes. Et je ne sais pas ce qui fait qu’elles répondent et qu’elles restent avec nous, mais elles restent. Et je suis convaincu que c’est de leur plein gré.</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>La jeune femme releva le dos et le regard, royale. Un instant, l’orage crépita dans ses yeux bleus.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>— Et mon bonheur alors ? Ai-je le droit d’y penser ?<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>— Tu as dix-sept ans. Tu n’as pas la maturité et le recul pour savoir ce qui est bon pour toi. C’est un travail dangereux et sale qui n’a rien à t’apporter. Profite de la sagesse de tes aînés et écoute-nous. Tu nous remercieras plus tard de t’avoir dissuadée de…<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>— Vous n’allez pas m’en dissuader.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Un silence retentissant s’invita dans la chambre sage, rompu uniquement par le bruissement de la brise dans les hibiscus et les bougainvilliers. Elle regarda sa tante inspirer et ravaler sa colère pour n’être plus que cette façade de dignité droite et austère, maîtrisée jusqu’à n’être plus que l’image de ce que l’on attendait d’elle. Clémence, elle, avait dans l’idée d’être plus que la somme des attentes d’autrui.</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>— Et ça ne devrait pas avoir de sens de vouloir les difficultés de l’univers, mais si je peux avoir son infini et sa diversité avec… alors je prends volontiers toutes ses épreuves aussi.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Dans le lointain, le tonnerre gronda. Le son ressemblait à une promesse.</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Certaines tempêtes devenaient dragon avec une forme de prudence, une curiosité neuve et mesurée. Pas elle. Germe-l’Orage s’était engouffrée dans cette existence avec une jubilation déchaînée et destructrice. Elle plongea avec cette même énergie vers les frégates.</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Le chocolat encore fondant de la viennoiserie lui laissa un goût de poussière dans la bouche. D’un regard, la jeune femme embrassa la place qui s’éveillait lentement. L’aube ressemblait à toutes celles qu’elle avait connues et l’ambiance à aucune autre.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>— J’ai l’impression d’entraîner tout le pays avec moi pour mener mes batailles, avoua-t-elle finalement. Est-ce que j’ai été égoïste, Verdun ? Est-ce qu’en refusant de fléchir, je force à mourir debout des gens qui auraient préféré vivre à genoux ?</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Un regard à l’intellect dangereux jaugea le Conseiller. Ce dernier étouffa un frisson alors qu’une lueur rusée brillait brièvement dans les iris de son vis-à-vis. L’intelligence, il l’avait constaté, n’était une qualité que proportionnellement à l’humanité de son porteur.</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>La poudre à canon, lui avait-on appris un jour distant – quand la paix était encore une évidence et le <em>Gunpowder</em> une variété de thé – se composait de charbon, de salpêtre et de soufre. La poudrière de ses émotions, elle, se constituait de souffrance, de désespoir noir et d’impuissance furieuse à parts égales.</p>

<h2 id="au-bilan">Au bilan</h2>

<p>Lisez-le. Je parie que vous ne le regretterez pas.</p>

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<!--excerptEnd--></p>

<h2 id="la-nouvelle">La nouvelle</h2>

<h3 id="genre-jeunesse">Genre : jeunesse</h3>

<p>Éditions Le Muscadier<br />
Publiée en versions brochée et numérique (épuisée)</p>

<p class="notice--info"><strong>Résumé</strong><br /><br />
<strong>« Si on avait su, on lui aurait parlé au vieux. »</strong><br />
« On lui aurait dit que pour nous aussi, c’était dur. On était là, on savait pas et on n’a rien pu faire… Pour sûr qu’on s’est ratés. De peu, mais on s’est drôlement ratés… »<br />
Parce que les vieux d’aujourd’hui oublient trop souvent qu’ils ont été jeunes hier… et parce que les jeunes d’aujourd’hui ne réalisent pas qu’ils seront vieux demain…
Et s’il suffisait de quelques mots ? d’un sourire ou d’un geste pour tout changer ?<br /><br />
<strong>Un roman qui fait alterner deux récits de vie, comme un parallèle entre deux générations.</strong></p>

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      <a href="/assets/images/posts/2024-06-25_faits-d-hiver-cover.webp">
          <img src="/assets/images/posts/2024-06-25_faits-d-hiver-cover.webp" alt="couverture de la nouvelle Faits d&#39;hiver" />
      </a>
    
  
  
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<h2 id="mon-avis">Mon avis</h2>

<p>C’est un texte très court (quelques dizaines de pages), une nouvelle davantage qu’un roman, publié dans une collection jeunesse, mais qui à mon avis peut se lire à tout âge, et touchera au moins autant les adultes que les enfants.</p>

<p>Moi, en tout cas, il m’a beaucoup touchée, avec ce style plein de pudeur qui raconte si bien le deuil, l’amour, le rejet, les préjugés…</p>

<p>Dans un village isolé, on suit les destins croisés d’Elie, un vieil homme qui ne parvient pas à se remettre du décès de son épouse, et d’une famille fraîchement arrivée là afin d’échapper à un père violent. On plonge avec mélancolie dans les souvenirs des uns et des autres, et on s’attache à eux, à leurs failles, comme ils l’auraient eux-mêmes sans doute fait s’ils avaient pu apprendre à se connaître. Jusqu’à cette fin, si émouvante, à l’image du texte dans son ensemble…</p>

<h2 id="quelques-extraits">Quelques extraits</h2>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Dans ces moments-là, elle se disait qu’il aurait pu tuer un homme, et qu’elle aurait pu ne plus l’aimer…<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>Ça oui, il aurait pu. Pas elle.</p>

<p class="notice"><span style="margin-left: 1em;"></span>Il sait qu’il ne lui a jamais rien refusé. Venise, c’était au plus de la négligence. Le fol espoir d’avoir encore le temps devant soi pour se décider un jour. Il sait aussi que le rêve est parfois plus fort que la réalité. Marcelle avait besoin de rêver de Venise. Sur Venise. Sa Venise.<br />
<span style="margin-left: 1em;"></span>À la longue, peu lui importait d’y aller ou non. Il fallait qu’elle en parle. Qu’elle entretienne l’illusion. Ou l’espoir…</p>

<h2 id="au-bilan">Au bilan</h2>

<p>Une lecture pleine de mélancolie, qui m’a beaucoup touchée.</p>

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