Pourquoi je déteste les histoires à twist
Mon avis (personnel et pas très populaire) de lectrice.
Ou, plus précisément, pourquoi je déteste les histoires qui reposent principalement sur un twist.
Un exemple d’histoire à twist ? Sixième sens, le film de Night Shyamalan.
Je ne sais pas vous, mais moi, quand je l’ai vu, je ne savais pas qu’il y avait un twist. Comme ça date de l’époque bénie où je ne me méfiais pas encore de la fourberie des raconteurs·euses d’histoires, je ne l’ai pas du tout vu venir.
Si bien qu’en arrivant à la fin du film, quelle a été ma réaction ? Me dire :
“Ah zut, j’aimerais bien le revoir en sachant ça dès le début !”
Eh bien voilà.
C’est exactement ça que je n’aime pas dans les histoires à twist.
La sensation que, pour en profiter pleinement, j’ai besoin de les découvrir une seconde fois, en connaissant le twist d’emblée.
Parce que, quand on y pense, c’est quand même dommage, non, une histoire qui n’accepte de livrer son plein potentiel qu’aux personnes qui ont le temps et l’envie de lui consacrer deux lectures (ou deux visionnages) ?
Bon. Allez, admettons, c’est dommage, mais ce n’est pas si grave.
Sauf que.
Il y a pire.
Imaginez qu’avec l’expérience, on apprenne à se méfier de la fourberie des raconteurs·euses d’histoires. Et qu’on développe donc une tendance un peu maniaque à essayer de deviner les twists dans toutes les histoires. (Oui, même celles qui n’en ont pas.)
🙄 Non mais j’ai dit “imaginez”, je n’ai pas dit que c’était ce que je faisais, oh là là… (Comment ça, je ne suis pas crédible ?)
Imaginez que, souvent, à force de lire (ou voir) des histoires, on devine ce twist.
À votre avis, qu’est-ce qui se passe, quand on on lit (ou regarde) une histoire qui ne repose que sur son twist, et qu’on arrive à ce fameux twist, qu’on avait deviné depuis longtemps ?
Je vous le donne en mille : on est déçu.
“Tout ça pour ça…”
Qui a envie d’être déçu en arrivant à la fin d’un livre (ou d’un film) ? C’est encore plus dommage que d’avoir envie de le revoir pour en profiter pleinement, non ?
Sauf que (bis).
Il y a pire (bis).
Imaginez qu’avec l’expérience, on ait non seulement développé une tendance un peu maniaque à essayer de deviner les twists dans toutes les histoires, mais qu’en plus, on ait développé une tendance carrément maniaque à chercher la petite bête quand arrive un twist qu’on n’avait pas vu venir.
À s’assurer que le twist n’est pas foireux, quoi.
Spoiler : ce n’est vraiment pas si rare qu’il le soit. Et s’il ne l’est pas, le maniaque l’a souvent deviné avant sa révélation. Dommage, hein ?
Bref.
Voilà pourquoi je n’aime pas les histoires à twist. Parce que je suis souvent déçue.
Vous savez ce que j’aime vraiment, vraiment beaucoup, en revanche ?
Les histoires avec une ironie dramatique savamment maîtrisée.
L’ironie dramatique, c’est ce qui se produit quand les lecteurices (ou spectateurices) connaissent une information que le ou les personnages ignorent. Exemple : Le Dîner de cons, où on sait que Pignon a été invité pour que les autres convives puissent se moquer de lui, alors que lui-même l’ignore.
Pourquoi j’adore ce genre d’histoires ?
Parce que ça permet, je trouve, une empathie bien plus profonde avec les personnages. Et que ça démultiplie l’intensité des émotions qu’on éprouve en voyant l’histoire avancer et les personnages s’approcher des révélations qui vont tout chambouler.
Et vous, qu’est-ce que vous préférez ? Plutôt twist, ou plutôt ironie dramatique ?
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