Nouvelles à 4 mains

Derrière la porte

Derrière la porte

Un même début, pour une histoire très différente !

Le mois dernier, je vous proposais de découvrir Cœur brisé et tasse de thé, un texte sans prétention, écrit à quatre mains juste pour le plaisir avec Aude Boireau.

Un mois plus tard, je récidive avec une autre complice d’écriture, Catherine Uguelle, que vous pouvez retrouver sur Instagram ou sur Facebook.

Je n’emploie pas le verbe récidiver au hasard. En effet, l’exercice consiste pour nous à écrire à tour de rôle environ 500 mots, avant de passer la main à notre partenaire, et ainsi de suite. Il se trouve que les 500 premiers mots de cette nouvelle histoire sont les miens… et sont exactement les mêmes que pour Cœur brisé et tasse de thé ! En revanche, vous pourrez constater que l’histoire a ensuite pris un tour bien différent… 😉

Sur ce, place au récit. J’espère que vous avez le cœur bien accroché : âmes sensibles, passez votre tour !

Pour lire Derrière la porte, suivez le lien !

Cœur brisé et tasse de thé

Derrière la porte

Une Saint-Valentin en solitaire... ou pas !

Vous devez commencer à bien connaître ma complice d’écriture, Aude Boireau, que vous pouvez retrouver sur son site ou sur son compte Twitter.

En cette mi-février, nous avons décidé de récidiver et avons donc commis un nouveau texte à quatre mains, que nous vous proposons de retrouver ici. Si vous vous apprêtez à passer une Saint-Valentin en solitaire, rassurez-vous, c’est aussi le cas pour la charmante Alicia. À moins que…

Pour lire Cœur brisé et tasse de thé, suivez le lien !

Halloween sous la neige

paysage enneigé
Image de rawpixel.com

Avec Aude Boireau, à travers les défis Sprint et Marathon auxquels nous avons participé au cours de l’été 2021, nous avons découvert les joies de l’écriture à quatre mains… Et nous avons eu envie de renouveler l’expérience !

En cette fin de mois d’octobre, nous vous proposons donc de retrouver un texte de saison, avec ce court récit d’Halloween, qui, nous l’espérons, va vous faire frissonner !

Pour lire Halloween sous la neige, suivez le lien !

Vous pouvez retrouver Aude Boireau sur son site ou sur son compte Twitter.

Défi Sprint 2021

Du 8 au 14 juillet 2021, j’ai participé au Défi Sprint organisé par Vicky Saint-Ange.

Chaque jour, elle a assigné aux participants une contrainte qu’ils découvraient le matin même et avec laquelle ils devaient se débrouiller pour écrire un texte d’une longueur minimale de 100 mots.

Ces contraintes étaient les suivantes :

  • jour 1 : les descriptions
  • jour 2 : les dialogues
  • jour 3 : le conflit
  • jour 4 : kill your darlings. Je me suis essayée lamentablement aux poèmes et à la romance, qui sont mes deux bêtes noires. (Oui, au pluriel, car j’en ai écrit deux ! Je craignais de n’avoir pas assez tué mes chéris dans le premier. À moins que ce ne soit par pur masoschisme…)
  • jour 5 : la correction. Il s’agissait ici de corriger le texte du jour 1, tout en l’allongeant de 100 mots.
  • jour 6 : unifier les textes des jours 2 à 5. Si vous avez lu les textes en question, vous comprenez pourquoi j’ai hurlé en la découvrant… Oui, j’ai dû me prêter à un difficile exercice de contorsion ! 😱
  • jour 7 : la co-écriture. Merci à Aude Boireau d’avoir accepté de partager ce défi avec moi ! 😊

Jour 1

Elle poussa le battant lentement, et écarquilla les yeux. À l’opposé de la porte, sur toute sa largeur, le mur était dissimulé derrière des rayonnages qui couraient du sol au plafond. La pénombre permettait tout juste de deviner les ossements blanchâtres qui s’y alignaient avec soin. Le vent s’engouffra dans la pièce, et souleva l’épais manteau de poussière que les longues années d’abandon y avaient laborieusement tissé. Dans ce nuage fantomatique, les fioles posées sur la gigantesque table centrale parurent soudain s’allumer, comme une multitude de lampions flottant dans les airs. Le liquide iridescent qui y reposait luisait d’un éclat de plus en plus vif… De quelle puissance endormie son intrusion avait-elle donc troublé ainsi le sommeil ?

Jour 2

– Bien ! Alors, qu’est-ce qui vous motive, dans ce poste ?
– Oh, ben moi, vous savez… J’suis comme tout l’monde, hein. Faut bien vivre, quoi ! Alors, au bistrot, quand j’ai entendu qu’vous embauchiez, ben je m’suis dit, dis donc Marcel, pourquoi pas ça plutôt qu’aut’ chose… Donc, pour répond’ à vot’ question, j’dirais que c’qui m’motive, ben, c’est d’pouvoir toucher un salaire régulier, quoi. Histoire de pu trop d’voir m’inquiéter tous les mois quand j’vois arriver les factures !

Son interlocuteur resta muet quelques instants, le souffle coupé. Puis d’un seul coup, la mine abasourdie, il expulsa de ses poumons tout l’air qui y était retenu captif :

– Ha ! Alors celle-là, on me l’avait jamais faite !

Marcel se gratta l’arrière de la tête dans un geste perplexe :

– Ah ben… J’aurais pas cru… Mais y viennent pour quoi, les aut’, si c’est pas pour l’salaire, alors ?
– Non, non, attendez… Je pense qu’on s’est mal compris. Je vous demande ce qui vous motive…
– Ah ben si, j’vous assure, j’ai bien compris, hein ! Mais bon, moi, vous savez, c’boulot-là ou un autre, ici ou ailleurs, du moment qu’ça paye… J’vais pas faire la fine bouche !

– Alors, Marcel, cet entretien ? Je te vois quand, à l’usine ?
– Ben… Y z’ont pas voulu d’moi…
– Très drôle ! Tu crois que je sais pas qu’ils prennent tout le monde, en ce moment ?

Silence.

– Non, attends… Sérieux ? Ils t’ont pas pris ? Mais qu’est-ce que t’as fait ? Tu les as insultés ou quoi ?
– Non… Y m’ont juste dit qu’j’étais pas assez motivé. J’ai pas compris…
– Attends, attends. Pas assez motivé ? Mais tu leur as sorti quoi ?
– Ben, rien, la vérité, quoi… Que c’qui m’intéressait, moi, c’était surtout l’salaire.
– Oh le con !

Jour 3

– Tu ne vas quand-même pas sortir habillée comme ça ?

Direct. Au saut du lit. Je n’ai même pas encore eu le temps de m’asseoir à table ! Je baisse les yeux, fais mine d’examiner ma tenue. Lorsque je relève la tête, je hausse les épaules et défie ma mère du regard :

– Je vois pas où est le problème.

Sujet clos. Je m’installe et attrape le pot de confiture.

Elle ne dit rien, mais elle fulmine. Sa mâchoire se contracte, et je vois se gonfler la veine de son cou… C’est le prélude à l’explosion. Je la connais par cœur. Le temps se suspend…

Ça y est. Elle craque. Elle se tourne vers mon père. Il l’a vue venir, lui aussi. Il anticipe :

– C’est bon, lâche-la un peu.
– Oh ! Tu ne vas pas t’y mettre, toi aussi ! Non mais tu l’as bien regardée ?

Il soupire d’un air las. Il ne répond pas. De toute façon, quand elle dans cet état-là, elle n’écoute rien.

Elle me fatigue. J’attrape mon sac, je pose la main sur la poignée de la porte, et je lâche ma bombe :

– T’inquiète, je vais pas rester habillée longtemps. Mais t’en fais pas, je sors couverte !

J’agite la boîte de préservatifs dans leur direction en guise d’au revoir. Et je les laisse plantés là.

Jour 4

Poème romantique, tentative n°1 :

Mon mari jaloux
Fait la moue :
– Encore au lit ?
Quelle apathie !
Viens donc par là,
Allez, dans mes bras !
Mon amant hagard
Se terre dans mon placard.
Il s’y est glissé
Après avoir récupéré
Ses vêtements abandonnés
Sur mon plancher.
Mon mari s’avance
Et entame sa danse.
De moi, il s’approche
Avec ses gestes gauches.
Son œil se fait lubrique,
Sa tenue, impudique.
Je vais y passer… C’est ma journée !
Je tourne la tête
Et me voilà défaite :
Sur le sol, un simple tissu noir
M’emplit soudain de désespoir.
Il va voir le slip !
Mon dieu, je flippe…

Poème romantique, tentative n°2 :

Dans le ciel d’orage volent les moutons gris.
Déserte est la plage : premières gouttes de pluie.
Deux corps seuls au monde ondulent dans la nuit.
Oui, le tonnerre gronde, mais leurs cœurs, eux, rient.
Elle est ronde et blonde, et sa peau satin
Goûtant chaque seconde, frémit sous sa main.
Elle les sent courir, ses doux doigts de fée,
Ils la font gémir, elle veut s’envoler.
Leurs souffles haletants sont entremêlés,
Et soudain le temps semble s’arrêter
Lorsqu’à l’unisson elles soupirent enfin,
Emplies de frissons, au petit matin.
Leurs paupières se ferment, et elles s’abandonnent,
Murmurent des « Je t’aime », qui longtemps résonnent.

Jour 5

Elle poussa la porte avec précaution, franchit le seuil, et écarquilla les yeux. Face à elle, un laboratoire mystérieux se dessinait dans la pénombre. Au centre de la pièce, une table massive occupait tout l’espace, encombrée de potions aux couleurs étranges. Sur le mur du fond, des rayonnages couraient du sol au plafond. Elle eut tout juste le temps d’y deviner des ossements blanchâtres, alignés avec soin… Déjà, le vent s’engouffrait. Il souleva l’épais manteau de poussière que les longues années d’abandon avaient laborieusement tissé, et un nuage fantomatique envahit les lieux. Les fioles parurent s’allumer subitement, comme une multitude de lampions suspendus dans les airs, qui n’auraient attendu que ce signal pour enfin prendre vie. Le liquide iridescent qui y reposait s’anima, luisant d’un éclat toujours plus vif. Une odeur inconnue lui chatouilla le nez. Un relent fétide et nauséabond, qui lui donna un violent haut le cœur.

Sur sa gauche, un recoin restait plongé dans une profonde obscurité. Elle crut y déceler un mouvement discret, un frôlement presque imperceptible. Son imagination se jouait-elle de ses sens ? Elle retint son souffle, à l’affût.

Un feulement lugubre résonna soudain à ses oreilles. La porte claqua violemment derrière elle. Tous les poils de son dos se hérissèrent : de quelle puissance endormie son intrusion avait-elle donc ainsi troublé le sommeil ?

Jour 6

– Tu ne vas quand-même pas sortir habillée comme ça ?

Direct. Au saut du lit. J’ai même pas encore eu le temps de m’asseoir à table ! Je baisse les yeux, fais mine d’examiner ma tenue. Lorsque je relève la tête, je hausse les épaules et défie ma mère du regard :

– Je vois pas où est le problème.

Sujet clos. Je m’installe et attrape le pot de confiture.

Elle dit rien, mais elle fulmine. Sa mâchoire se contracte, et je vois se gonfler la veine de son cou… C’est le prélude à l’explosion. Je la connais par cœur. Le temps se suspend…

Ça y est. Elle craque. Elle se tourne vers mon père. Il l’a vue venir, lui aussi. Il anticipe :

– C’est bon, lâche-la un peu.
– Oh ! Tu ne vas pas t’y mettre, toi aussi ! Non mais tu l’as bien regardée ?

Il soupire. Il répond même pas. De toute façon, quand elle est dans cet état-là, elle écoute rien. Elle me fatigue. J’attrape mon sac, je pose la main sur la poignée de la porte, et je lâche ma bombe :

– T’inquiète, je vais pas rester habillée longtemps. Mais t’en fais pas, je sors couverte !

J’agite la boîte de préservatifs dans leur direction, en guise d’au revoir. Et je les laisse plantés là.

Ils me font marrer, ces deux donneurs de leçons.

Ma mère, pour commencer. Qu’est-ce qu’elle s’imagine ? Que je sais pas qu’elle trompe mon père ? Il est bien le seul couillon à avoir encore rien remarqué ! Et puis, ces prétentions qu’elle a… Madame se croit poète ! Rien que ça ! Mais alors, faut voir les bouses qu’elle pond, hein. Et toutes ses « copines » qui se répandent en compliments… Elle se sent plus pisser, évidemment. Sauf que, tu parles, les autres, c’est juste des courtisanes. Elles sont là pour profiter des soirées et de la piscine, c’est tout. Les « poésies » de la vieille truie, elles en ont rien à secouer. Attends, je t’en improvise une, là, juste pour que tu te fasses une idée du niveau. Je te préviens, ça va piquer :

Mon mari jaloux
Fait la moue :
– Encore au lit ?
Quelle apathie !
Viens donc par là,
Allez, dans mes bras !
Mon amant hagard
Se terre dans mon placard.
Il s’y est glissé
Après avoir récupéré
Ses vêtements abandonnés
Sur mon plancher.
Mon mari s’avance
Et entame sa danse.
De moi, il s’approche
Avec ses gestes gauches.
Son œil se fait lubrique,
Sa tenue, impudique.
Je vais y passer… C’est ma journée !
Je tourne la tête
Et me voilà défaite :
Sur le sol, un simple tissu noir
M’emplit soudain de désespoir.
Il va voir le slip !
Mon dieu, je flippe…

Voilà. Je te l’avais bien dit.

Mais attention : faudrait pas plaindre mon père, non plus. Il est cocu, OK, mais il mérite. Parce que c’est une ordure, dans son genre, lui aussi. Son truc, à lui, c’est d’humilier les candidats à l’embauche : il est conseiller en recrutement. Ce qu’il préfère, c’est regarder des pauvres gars se contorsionner à essayer de s’inventer des motivations pour pouvoir répondre à ses questions sadiques. J’aimerais trop qu’un jour, il tombe sur un type honnête. Je m’imagine déjà la scène :

– Bien ! Alors, qu’est-ce qui vous motive, dans ce poste ?
– Oh, ben moi, vous savez… J’suis comme tout l’monde, hein. Faut bien vivre, quoi ! Alors, au bistrot, quand j’ai entendu qu’vous embauchiez, ben je m’suis dit, dis donc Marcel, pourquoi pas ça plutôt qu’aut’ chose… Donc, pour répond’ à vot’ question, j’dirais que c’qui m’motive, ben, c’est d’pouvoir toucher un salaire régulier, quoi. Histoire de pu trop d’voir m’inquiéter tous les mois quand j’vois arriver les factures !

Ça lui couperait son sifflet un moment, je suis sûre. Mais il finirait par monter dans les tours :

– Ha ! Alors celle-là, on me l’avait jamais faite !

Alors, le Marcel, je le verrais bien se gratter l’arrière de la tête. Genre perplexe, tu sais :

– Ah ben… J’aurais pas cru… Mais y viennent pour quoi, les aut’, si c’est pas pour l’salaire, alors ? – Non, non, attendez… Je pense qu’on s’est mal compris. Je vous demande ce qui vous motive… – Ah ben si, j’vous assure, j’ai bien compris, hein ! Mais bon, moi, vous savez, c’boulot-là ou un autre, ici ou ailleurs, du moment qu’ça paye… J’vais pas faire la fine bouche !

Bon, là, ça me fait sourire, mais en fait, ce serait tragique. Parce que ce pauvre Marcel, s’il tombait sur mon père, jamais il serait embauché. Il se ferait jeter comme un malpropre. Il lui dirait qu’il est pas assez motivé. Comme ça. Sans plus d’explication.

Pas cool, hein ?

Voilà, donc ça, c’est mes parents.

Là, je suis sûre que tu te dis : « Ouah… La pauvre, quand-même, elle est pas gâtée par la vie… » Et j’avoue, y a encore trois jours, j’aurais été plutôt d’accord.

Qu’est-ce qui s’est passé, il y a trois jours ? Héhé, je sens que j’ai titillé ta curiosité !

Eh ben, figure-toi qu’il y a trois jours… J’ai rencontré la fille la plus formidable du monde. Tu peux pas comprendre. Ça a tout de suite été le coup de foudre. Et ce qui est merveilleux, c’est que… C’est réciproque ! Si, si ! Je te jure !

Comment ? Les préservatifs ? Ah, non mais ça, c’était juste pour emmerder mes parents. Et puis, avec eux, faut y aller par étapes. Parce que si je leur explique que j’ai une vie sexuelle – à même pas encore tout à fait dix-huit ans, oh la la, tu te rends compte ! – et que je fais direct mon coming out en même temps, ils vont tomber raides. Et, bon, même s’ils sont bourrés de défauts, j’en suis quand-même pas à souhaiter leur mort, faut pas exagérer.

Mais je reviens à mes moutons. Ma rencontre. Coup de foudre réciproque, je te dis. Elle m’a glissé un papier dans la main : à l’ancienne, c’est trop romantique, j’adooooore ! Avec une adresse, une date, et une heure. Notre premier rendez-vous galant. C’est sûr, j’aurais préféré un soir, parce qu’un samedi matin, ça fait moins fantasmer. Mon rêve, ç’aurait été une folle nuit d’amour, avec l’orage en toile de fond. Tiens, pour qu’on se marre, je vais me la jouer poète, moi aussi :

Dans le ciel d’orage volent les moutons gris.
Déserte est la plage : premières gouttes de pluie.
Deux corps seuls au monde ondulent dans la nuit.
Oui, le tonnerre gronde, mais leurs cœurs, eux, rient.
Elle est ronde et blonde, et sa peau satin
Goûtant chaque seconde, frémit sous sa main.
Elle les sent courir, ses doux doigts de fée,
Ils la font gémir, elle veut s’envoler.
Leurs souffles haletants sont entremêlés,
Et soudain le temps semble s’arrêter
Lorsqu’à l’unisson elles soupirent enfin,
Emplies de frissons, au petit matin.
Leurs paupières se ferment, et elles s’abandonnent,
Murmurent des « Je t’aime », qui longtemps résonnent.

Vas-y, tu peux rigoler, je vais pas me vexer, je sais que c’est nul. C’est pour déconner, de toute façon. Et avec le patrimoine génétique que je me trimballe, au moins, j’ai des excuses !

Enfin, je cause, je cause… N’empêche que ça y est, je suis arrivée. C’est un peu paumé, comme quartier. Et la baraque a l’air abandonnée. Heureusement que je suis pas superstitieuse : sérieux, de dehors, on dirait la cabane d’un sorcier ! Allez, j’y vais. Je frappe pas, je veux lui faire la surprise !

Je pousse la porte doucement. J’entre, et je m’arrête net. Devant moi, un genre de laboratoire mystérieux. Il fait vachement sombre, ici. Au milieu, une table énorme, pleine de potions bizarres. Sur le mur du fond, du sol au plafond, des rayonnages. Remplis de trucs blanchâtres. Merde, on dirait des os…

Y a de la poussière partout. Un gros courant d’air fait tout voler, et je me mets à tousser. J’y vois plus rien. Putain, c’est quoi ce délire ? Les fioles, là, on dirait qu’elles viennent de s’allumer ! Non mais j’hallucine ou ça se met à bouillir, dedans, en plus ? Et ces couleurs… Elles ont pas l’air réelles. C’est vraiment pas net, tout ça !

Bon sang, je vais gerber. Ça pue, ici, c’est une infection, sérieux !

Merde. Merde, merde, merde… Ça a bougé, dans le coin, là, ou j’ai rêvé ? Faut que je me tire d’ici. J’ai la trouille, j’ose même pas faire un geste. Je retiens ma respiration.

Frrrrrrrrrrrrrrr…

C’ÉTAIT QUOI CE BRUIT ?

Blam ! Je sursaute. La porte vient de claquer derrière moi. J’ai la chair de poule. On dirait que je viens de réveiller… une créature ?

Jour 7

défi sprint 7

Nanonouvelles

Dérive

derive
Image par Jupi Lu de Pixabay

Tu t’es éteint, et la nuit m’a envahie.

Il pleut sur mes jours, il pleut sur ma vie.

Je dérive, portée par les flots d’un océan de regrets, le cœur serré de ces mots d’amour trop longtemps retenus…

Dernier soupir

dernier soupir
Image par Erika Varga de Pixabay

Son regard se posa sur elle, et il sut qu’il l’avait enfin retrouvée. Les couleurs avaient déserté ce monde depuis bien longtemps. Pourtant, il n’avait jamais oublié l’indigo profond de ses pupilles.

Tremblant d’émotion, il se pencha vers elle. Elle demeura muette, mais une multitude de larmes perlèrent dans ses yeux toujours aussi bleus. Alors, le cœur comblé, il s’allongea à ses côtés.

Ils restèrent ainsi, immobiles, jusqu’au soir. Puis, lorsque la dernière lueur du jour disparut, les paupières du vieil homme se fermèrent, et la rose se flétrit.

Divination

divination
Image par Free-Photos de Pixabay

La sphère de cristal luisait dans l’obscurité, illuminait son visage d’un éclat énigmatique. Ce qu’elle y avait déchiffré ne m’importait plus. Elle avait relevé sa capuche, et le monde s’était noyé dans son regard. Seuls existaient encore ses yeux de braise, posés sur les miens.

Atoll

atoll
Image par Bessi de Pixabay

Le mage retint son souffle et ouvrit timidement un œil. Pitié, pas à nouveau un champignon…

Miracle, enfin !

Il observa son œuvre. Parfaite.

Il s’assit, savoura le silence, offrit son visage au firmament. Plus rien n’existait que cet atoll, cet arbre, cet astre. Et l’immensité.

Alzheimer

mains

Ding. Elle n’attend pourtant personne. Elle regarde par l’œilleton : un beau jeune-homme brun attend patiemment derrière la porte. Qui peut-il bien être ? Elle lisse les plis de sa jupe, passe machinalement une main dans ses cheveux avant d’ouvrir.

Sans y être invité, il entre, se dirige aussitôt vers la cuisine, balaie rapidement la pièce du regard, puis soupire.

– Il est tard, tu n’as rien mangé aujourd’hui ?

Elle réalise alors qu’elle a faim. Elle hésite, ne sait que faire.

Il la prend par la main, la guide vers la table.

– Allons, assieds-toi maman, je vais te préparer quelque chose.