L’épître(ries) - Mars 2025
L’anecdote du mois
Les corrections orthotypographiques
Je suis très pointilleuse sur les corrections orthotypographiques. Comme le sujet est vaste, j’ai posté un article sur le blog pour l’évoquer plus amplement et expliquer mes raisons (non, ce n’est pas dû à du mépris de classe).
Ce que je peux vous livrer en revanche ici, en guise d’anecdote, ce sont quelques exemples personnels qui permettent de souligner l’écart qu’il peut y avoir dans le soin apporté à ces corrections au sein des différentes maisons d’édition.
- J’ai eu le cas de la correctrice qui rajoute des fautes, reformule des phrases entières (alors qu’elles étaient correctes), et ne trace pas ces modifications en marques de révision dans le document. Si on a l’œil affûté, on a la chance de s’en rendre compte en relisant le BAT… mais il faut alors comparer à la main un pdf avec le texte d’origine : imaginez le travail que ça représente pour un roman entier. Sinon… Eh bien le texte est imprimé en l’état (c’est arrivé avec une de mes nouvelles).
- J’ai eu le cas de la maison d’édition qui, après validation du BAT, relit une dernière fois l’intégralité de l’anthologie et se rend compte qu’il y a des incohérences entre les nouvelles, pour des mots qui ont plusieurs orthographes possibles (par exemple, “t-shirt” dans une nouvelle et “tee-shirt” dans une autre), et décide d’harmoniser, afin de garantir une cohérence d’ensemble au livre, en envoyant un message contrit aux auteurices concerné·e·s pour leur expliquer les raisons de ce choix et de cette modification de dernière minute. Franchement, cœur sur ces maisons-là. 💛
- J’ai eu le cas de la correctrice qui, pour les mots qui ont plusieurs orthographes possibles, décident d’en retenir une qui n’est pas celle que j’avais choisie, alors que d’autres livres publiés récemment dans la même maison utilisent pourtant l’orthographe que j’avais choisie (et qu’il n’y a pas de problème d’incohérence interne à l’ouvrage comme dans le point précédent). Euh… OK, mais pourquoi ?
- J’ai eu le cas de la correctrice qui me remplace une onomatopée qui existe dans le dictionnaire… par une onomatopée qui n’existe dans aucun dictionnaire, et qui me remplace tous les “eh” par des “hé”, alors que ces deux interjections n’ont pas la même signification. 🤔
- J’ai eu le cas de la correctrice qui m’ajoute une majuscule après les points d’exclamation suivant une interjection, alors qu’il n’en faut pas. Il se trouve que, bien que nulle en typographie, je connais cette règle, mais dans ces conditions, comment avoir confiance sur les autres modifications typographiques apportées par cette personne ?
- J’ai eu le cas de la maison d’édition qui n’effectue aucune correction éditoriale, et aucune correction orthotypographique (coucou mon “s” manquant aux “fontaines” en début de nouvelle, pour ouvrir une anthologie ! Non, juré, ce n’était pas un test vicieux de ma part, mais une vraie coquille 😅 – que j’ai vue dans le BAT, heureusement.)
- J’ai eu les cas des correctrices qui ne maîtrisent pas les règles d’accord des participes passés des verbes pronominaux, ou des participes passés des verbes conjugués avec l’auxiliaire avoir et suivis d’un infinitif, ou des participes passés des verbes pronominaux suivis d’un infinitif. Ces règles qui impliquent qu’on écrit :
- “elles se sont succédé” / “elles se sont suivies”,
- “il nous a laissé entendre que oui” / “il nous a laissés tomber”,
- “elles se sont laissé séduire” / “elles se sont laissées tomber”. (#PassionGrammaire)
Bref, sachez-le : s’il y a des fautes dans le livre que vous lisez, ce n’est pas l’auteurice qui en est responsable. D’abord, parce que ce n’est pas son travail de les corriger, il y a des personnes dont c’est le métier, formées pour ça. Ensuite, parce qu’en plus, parfois, c’est la personne dont c’est censé être le métier qui les a introduites. 😭
Et dans mes textes, eh bien… Je relis et vérifie tout (pointilleuse, disais-je… tendance parano, suite à ces constats). Mais je ne suis pas infaillible, et ce n’est pas mon métier (j’ai fait des études scientifiques : mon champ de compétence, en théorie, ce sont les maths appliquées 😅). Alors peut-être (sûrement) qu’il en reste. Et j’en suis désolée.
Mon journal de bord d’écriture
Cercueil et préjugés
J’ai renvoyé le 2 février les corrections orthotypographiques, avec mes justifications détaillées pour toutes les corrections que j’ai refusées. Je n’ai pas eu de retour depuis, donc je suppose que mes explications ont été acceptées.
Mon roman a commencé à apparaître sur les sites de libraires et de lecture (Babelio, Goodreads). Ils affichent tous une date de publication précise (qui ne m’a pas encore été communiquée officiellement par l’éditrice, donc à prendre peut-être avec des pincettes), et le résumé rédigé par la maison d’édition qui figurera en quatrième de couverture, alors si la curiosité vous titille… vous connaissez le titre ! 😁
Oh, et puisqu’on parlait corrections orthotypographiques, l’avez-vous remarqué ? Il y a une erreur de typo dans le titre, sur ces sites. J’attends de recevoir le BAT (bon à tirer) pour voir si elle est présente aussi sur la couverture et dans la maquette… Il ne faut pas de majuscule à “préjugés”. Les règles concernant les majuscules dans les titres d’œuvres sont vraiment tordues, en France, jugez plutôt (et ce n’est qu’un court extrait de la liste) :
Titre composé de noms en comparaison ou en symétrie
Lorsque le titre contient des noms en comparaison ou en symétrie, on met une majuscule initiale à chaque terme ainsi qu’aux adjectifs qualificatifs qui les précèdent (ex : Le Loup et l’Agneau – Le Bon, la Brute et le Truand – Blanche-Neige et les Sept Nains – Le Diable et le Bon Dieu – Guerre et Paix – Les Rayons et les Ombres).
Cas particulier – Attention, il n’y a pas de parallélisme lorsque l’un des noms est au pluriel et l’autre au singulier (ex : Stupeur et tremblements).
Il n’y a pas non plus de parallélisme lorsque les termes en comparaison ou en symétrie sont des verbes ou des pronoms personnels (ex : Rire et pleurer – Toi et moi).
C’est tellement plus simple dans le monde anglophone ! Pourquoi se complique-t-on autant la vie, ici ?
Pour la couverture, en revanche, il va falloir attendre. Je ne peux même pas vous narguer : je ne l’ai pas encore vue non plus.
Un mensonge sans conséquence
Pas de nouveau retour ces dernières semaines.
45,93 grammes
J’ai interrompu l’écriture de ce roman.
Mais c’est pour la bonne cause !
Suite à une discussion avec mon agente, elle semble a priori intéressée par le pitch. Toutefois, vu les premiers retours sur Un mensonge sans conséquence, conformes à son propre avis, elle me conseille d’étudier la structure et la dramaturgie, qui constituent pour le moment mes points faibles. Pas sur ce manuscrit, pour ne pas m’épuiser, mais sur les suivants.
J’ai donc commencé à lire des ouvrages sur le sujet, et j’ai mis l’écriture de 45,93 grammes en pause pour travailler sur une structure prévisionnelle de l’intrigue. J’ai sué sang et eau (vous n’avez pas idée à quel point ça me terrifie de planifier avant d’écrire…), ça m’a pris plusieurs semaines, mais je suis enfin arrivée à quelque chose qui me semble cohérent. Je lui ai envoyé ce document de travail il y a peu, pour avis (elle m’avait proposé de le faire, alors j’en profite).
En attendant, les 9 premiers chapitres de la version que j’avais commencé à écrire fin 2024 restent disponibles sur Fyctia. Si la structure que j’ai proposée lui semble tenir la route, il y aura des choses qui vont être remaniées, mais aussi un certain nombre de chapitres que je pourrai reprendre dans la nouvelle mouture, au moins en partie.
Je ne sais pas trop sous quel délai je peux espérer un retour de sa part, alors en attendant, je me suis attelée à un autre projet.
Chasseuse de rêves
Mon premier roman ! Il a reçu son lot de refus, et il a besoin d’une réécriture, que je reporte depuis trop longtemps…
Or, il se trouve qu’un concours, lancé récemment par 3 éditrices, vise à donner une seconde chance aux manuscrits ado ou YA refusés par les maisons d’édition en 2023 ou 2024 : le Prix Rébellion.
L’occasion était trop belle pour que je ne la saisisse pas, alors voilà : pendant quelque temps, je me replonge dans ce roman. En espérant avoir un retour sur la structure de 45,93 grammes d’ici à ce que mon dossier pour ce concours soit finalisé. 😊
L’actu de mes publications… et salons !
Festins imaginaires
Je vous confirme que je serai présente au salon Imagina’livres à Portet-sur-Garonne, à côté de Toulouse, le samedi 5 avril, tout la journée, pour dédicacer l’anthologie Festins imaginaires. (Car oui, ça m’a coûté l’équivalent d’environ deux reins et le poumon gauche, mais ma voiture est enfin réparée ! 🎉) Et j’ai vu passer en avant-première des photos de la bête (dont le stock vient d’être livré à l’association qui organise le salon), reliée, jaspée et illustrée : vous n’êtes pas prêt·e·s. 😍
J’ai aussi participé le 19 février à un live sur instagram avec plusieurs autres auteurices de l’anthologie.
Si cela vous intéresse, le replay est disponible ici (il y a un petit souci technique au début mais le son arrive après quelques minutes). La première demi-heure environ est consacrée aux interviews. Ensuite, il y a une lecture du début de chacune des nouvelles du recueil. Si vous voulez juste écouter la lecture du début de Mésaventures vitaminées, c’est par là.
La Nuit des betteraves grimaçantes
Autre bonne nouvelle, j’ai enfin le droit d’en parler : mon texte La Nuit des betteraves grimaçantes a été retenu pour publication dans l’Indé Panda n°14, qui paraîtra le 1er juin. 🥰
C’est une nouvelle de cosy fantastique à l’ambiance douce, pour changer un peu de mes textes courts habituels. 😁
Quoi de neuf sur le blog ?
Les fabuleux secrets de mon super accent du Haut-Doubs
Le sujet des corrections orthotypographiques en édition était trop long pour l’anecdote du mois, alors j’ai écrit un petit article de blog dessus. Vous y découvrirez notamment les fabuleux secrets de mon super accent du Haut-Doubs (que j’ai un peu perdu, depuis le temps que j’ai quitté ma belle région, mais qui vit toujours très fort dans ma tête). C’est par là :