Chronique du roman de Tess Corsac : Les Nocturnes

Un page-turner au pitch intriguant, mené tambour battant.

Le roman

Genre : science-fiction Young-Adult

Éditions Leha
Disponible en versions brochée et numérique

Résumé

Nous avons cherché par tous les moyens à découvrir pourquoi nous étions enfermés ici. Si seulement nous avions su… Aurions-nous quand même été jusqu’au bout ?
Un nom, un bloc, une couleur d’uniforme : Rouge ou Vert. Ce sont les seules informations dont disposent les deux-cent cinquante pensionnaires de la Croix d’If, entrés dans l’institut sans le moindre souvenir et sans opportunité de sortir.
Natt Käfig est un Rouge du bloc 3A. Il est le dernier à avoir vu Laura, une Verte, avant sa mystérieuse disparition. Il se fait approcher par un groupe d’élèves… Qui sont ces « Nocturnes » qui ont besoin de son aide et qui pensent que Laura avait découvert les raisons de leur présence dans l’institut ? Rouges et Verts vont devoir collaborer pour percer le secret de la Croix d’If et échapper à l’administration.
Y parviendront-ils en apprenant qu’ils sont prisonniers pour des motifs différents ?

couverture du roman Les Nocturnes

Mon avis

Après avoir lu en avant-première (et grandement apprécié) le tout dernier roman de Tess Corsac, Se perdre à l’orée des songes, j’ai eu envie de découvrir ses précédents écrits.

J’ai donc attaqué avec Les Nocturnes, dont le pitch laisse planer un mystère qui m’a immédiatement donné envie d’en savoir plus.

Je vous préviens tout de suite, c’est un page-turner. Je ne suis pas du tout une lectrice rapide (je subvocalise tout, je lis environ une quarantaine de pages par heure), mais j’ai dévoré ce roman young-adult de 370 pages en moins de deux jours (mon sommeil en retard ne remercie pas l’autrice, heureusement que c’est tombé au moment de mes congés de fin d’année ! 😅)

Ce qui m’a étonnée, c’est que la réponse à la grande question posée dans le pitch arrive… très vite. Si vite que, sur le coup, cela m’a presque déçue : quoi, déjà ? Et de quoi va donc parler le reste du livre ? J’ai eu un peu peur de m’ennuyer dans la suite. J’aurais difficilement pu me tromper davantage !

Parce que, clairement : non. Je ne me suis pas ennuyée. Car si la réponse à la question initiale est donnée rapidement, elle en soulève tant d’autres que l’intérêt ne retombe jamais : ce roman est un vrai thriller SF. Haletant, avec des péripéties, de nombreux rebondissements, la tension qui monte inexorablement, une ambiance sombre et dystopique, des personnages à la psychologie torturée, une angoisse prégnante, et une violence – tant redoutée – qui surgit, parfois, en point d’orgue.

Et comme dans Se perdre à l’orée des songes, à travers son récit et ses personnages, l’autrice interroge le rôle des souvenirs dans la construction de soi. J’ai d’ailleurs trouvé très intéressant qu’elle n’y apporte pas de réponse toute faite et définitive, mais préfère offrir une palette de possibilités diverses, à travers les choix effectués par ses différents protagonistes. Cela fonctionne vraiment bien pour susciter la réflexion, en soulevant de manière naturelle la question : « et si je m’étais trouvée à leur place, quel aurait été mon choix ? »

Pour terminer, parlons de la fin. – « Terminer », « la fin… » vous l’avez ? Pardon, c’est nul, je sais. – La fin, donc. Eh bien, je tiens à souligner qu’elle est particulièrement soignée. Je ne sais pas vous, mais moi, je les trouve souvent un peu frustrantes, les fins de romans. Avec un petit goût d’inachevé, l’impression d’un dernier coup de pinceau un peu rapide, parce que le plus important et le plus difficile est déjà fait… Mais cette fin-là, non. Pas du tout. Au contraire, on sent qu’elle a été travaillée avec autant d’attention et d’application que le reste, et c’est à mon avis suffisamment rare et satisfaisant pour mériter d’être souligné.

Quelques extraits

— Tu sais pourquoi je reste tout le temps blottie dans ce genre de couverture, Natt ?
— Non.
— Parce que ça me donne l’impression que mon identité reste au chaud. Qu’on a pas épluché mon intimité. Je me sens encore entière, quand je suis cachée là-dessous.

— Le seul équilibre qui vaut la peine d’être vécu, c’est celui de l’addition. Collectionner les expériences et vivre avec elles.
— Tout le monde n’a pas la force ni le besoin de vivre avec ces poids.
— Bien sûr. Ceux qui veulent oublier devraient pouvoir le faire. Simplement… ça ne devrait être imposé à personne.

On a gardé le poids du souvenir d’un côté, mais on a ajouté la fierté du chemin parcouru et nos affections mutuelles. Au final, ça s’équilibre.

Au bilan

Un excellent thriller SF, qui pose des questions intéressantes sur le rôle des souvenirs et l’identité, et saura tenir en haleine nos ados… ou leurs parents ! 😉



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