Mon bilan d’écriture 2025
Où l’on tente de regarder les mois écoulés d’un œil objectif.
Il faut dire que j’ai trouvé à la fin d’année 2025 un goût doux-amer… Alors, est-ce le contrecoup de longues semaines de travail intensif suite à l’annonce des résultats du concours Émergences, ou bien cette année a-t-elle vraiment été moins réussie que les précédentes ?
Une nouvelle fois, en janvier, je me suis dit qu’il serait bien que je me fixe des objectifs pour l’année. Et une nouvelle fois, je suis arrivée fin décembre en ne pouvant que constater mon échec. Il faut croire que les bonnes résolutions de début d’année n’ont aucun pouvoir sur moi – à moins que ce ne soit l’inverse ? 😅
En tout cas, ce bilan va de nouveau avoir des airs d’improvisation. Comme mes premiers jets de romans, finalement. On ne se refait pas.
Les romans
Côté écriture
J’ai écrit 100k mots en 2025 sur des premiers jets de romans.
- Un roman avorté
Début janvier, j’étais en pleine écriture d’un thriller uchronique, dont j’espérais terminer le premier jet au mois de mars.
Je me suis interrompue courant février, en plein vol, suite à un retour professionnel sur la structure prévisionnelle de mon intrigue. Des remarques judicieuses, mais qui nécessitaient de ma part une bonne prise de recul avant de savoir comment réorienter ce texte.
J’ai désormais d’autres pistes en tête. J’ai d’ailleurs pitché la nouvelle mouture de ce projet à plusieurs maisons d’édition lors des rencontres Émergences à Montreuil, et plusieurs ont manifesté de l’intérêt. Ce sera le premier roman dont j’attaquerai l’écriture en 2026, sous un nouveau titre (-195,79°C), et dans un univers d’anticipation.
- Trois premiers jets de romans terminés, en attente de corrections
Oui, bon, dit comme ça, ça claque, mais on se calme tout de suite. Dans les faits, il y a :
- Breizh, son et sentiments, une comédie romantique adulte (ou New Adult) assez courte ;
- Le Lapin rose, un roman junior ;
- un roman “première lecture” au format du magazine J’aime lire.
En longueur totale, mis bout à bout, ces trois textes représentent grosso modo un roman adulte de bonne taille, mais pas non plus un pavé. À peu près l’équivalent de Cercueil et préjugés.
Les retours de bêta-lecture sur le dernier sont assez bons, la correction sera rapide et je vais pouvoir le soumettre très bientôt.
Il y a davantage de travail de corrections sur Le lapin rose, et j’ai prévu de m’y atteler en janvier, pour le soumettre dès que possible. Je l’ai en effet présenté, lui aussi, lors des rencontres Émergences, et plusieurs maisons d’édition sont a priori intéressées par le pitch.
Quant à Breizh, son et sentiments, j’attends encore un certain nombre de retours de bêta-lectures. Et là, je sais d’ores et déjà que le travail de correction va être plus important. Déjà, parce que ce roman est beaucoup plus long que les deux autres. Mais aussi, parce que j’ai eu beaucoup de mal à accoucher du texte. J’avais l’impression de l’écrire sous la contrainte – alors que, factuellement, ce n’était pas le cas : ce n’était qu’une question de ressenti, liée à une clause contractuelle sur un précédent contrat d’édition. Je devrais savoir d’ici mi-janvier si je suis libérée ou non de cette clause, et donc quel destin je peux envisager pour ce texte. En fonction de cela, je m’attellerai aux corrections rapidement, ou seulement après avoir terminé le premier jet de -195,79°C.
- Deux romans corrigés
Après l’avoir laissé dormir fort longtemps, j’ai finalement effectué une nouvelle passe de corrections sur mon premier roman ado.
J’ai aussi trouvé le courage de corriger enfin E comme…, ce texte court pour un public Young Adult que j’aime beaucoup, mais que je crois particulièrement difficile à placer, en raison de son format atypique (il est vraiment très court) et des thématiques abordées (handicap et euthanasie).
Côté soumissions
J’ai commencé en fin d’été les soumissions pour les deux romans que j’ai corrigés cette année. Je n’ai pas encore reçu de retour pour Chasseuse de rêves, mais les choses ont commencé à bouger pour E comme… : j’ai reçu un beau refus argumenté de Gallimard (cela reste un refus, certes, mais un refus qui fait plaisir, chose assez rare pour être soulignée !), et une marque d’intérêt d’une autre très belle maison d’édition. Cependant, je demeure prudente, la personne intéressée n’est pas décisionnaire et j’anticipe donc un possible refus, car l’équipe éditoriale reste à convaincre.
Ma grosse déception de l’année, c’est le sort de ma deuxième comédie romantique, Un mensonge sans conséquence. J’avais de grands espoirs pour ce texte fin 2024. (Dire que je parlais de success story, haha, ça m’apprendra à m’emballer bêtement !) Espoirs déçus en 2025, et les refus ont tous souligné le même défaut. J’ai proposé deux ou trois fois à l’agente qui l’avait repéré et avec laquelle il était sous mandat de retravailler le texte, mais elle m’a à chaque fois conseillé de plutôt me lancer sur un nouveau projet. Avec son accord, je l’ai toutefois pitché à quelques maisons d’édition lors des rencontres Émergences, et il est désormais entre leurs mains, en l’état. Et puis, en fin d’année, nouvelle douche froide : l’agente m’a annoncé qu’elle cessait son activité, le mandat prend donc fin. J’espère juste que les maisons d’édition qui l’étudient ne partent pas du postulat qu’il a été retravaillé aux petits oignons (comme c’est le cas usuellement avec les agences), puisque la position de mon agente était singulière dans le milieu et qu’elle ne retravaillait pas les textes avec les auteurices en amont des soumissions…
Côté publication
2025, c’est l’année où mon premier roman a été publié, et après six mois, je tire de cette aventure un bilan très mitigé.
Dans les points négatifs, d’abord, le roman ne fait pas partie de ceux que la maison d’édition a choisi de mettre en avant au sein de son catalogue, et je me suis donc sentie très seule dans mes tentatives de communication, que ce soit pour démarcher les médias, sur les réseaux sociaux, ou auprès des libraires – la plupart de mes démarches n’ont d’ailleurs abouti à rien. Ensuite, j’ai l’impression que le roman se vend très mal. Impression, parce que je n’ai pas encore les chiffres (la première reddition de compte devrait arriver début 2026) pour la confirmer, et parce que même quand j’aurai les chiffres, je ne dispose pas d’éléments de comparaison internes à la maison d’édition, donc difficile de savoir comment je me place par rapport aux résultats habituels. Enfin, j’ai vu passer très peu d’avis sur le roman (ce n’est pourtant pas faute de chercher 😅), alors que quand on largue son texte comme ça dans la nature, on a quand même envie de savoir comment il est perçu. Et donc, je trouve cette cécité particulièrement frustrante.
Dans les points positifs, eh bien il y a les retours, justement. Peu nombreux, certes, mais certains font vraiment chaud au cœur. Je pense à quatre d’entre eux, notamment : un monsieur qui m’a dit qu’il n’avait pas lu de roman depuis une quarantaine d’années, parce qu’il déteste ça, mais qu’il avait beaucoup apprécié le mien, ne s’était pas ennuyé un seul instant en le lisant, et l’avait trouvé vraiment très drôle ; une lectrice qui m’a dit que ce roman lui avait fait du bien parce qu’elle l’avait lu à un moment où elle en avait besoin, et qu’il avait remis du soleil dans son quotidien malmené ; une lectrice qui est passée me voir en dédicace, après l’avoir acheté lors d’une dédicace précédente, pour me redire (elle m’avait déjà envoyé un message 💛) qu’elle l’avait beaucoup apprécié ; et une lectrice qui a posté un avis dans lequel elle explique que le roman l’a sortie d’une panne de lecture et qu’elle a été emportée par l’humour et la plume.
Au global
On est donc sur 3 romans en soumission en 2025 pour 0 oui, et une première publication décevante à plusieurs points de vue. Ça explique sûrement mon sentiment d’échec en fin d’année…
Les nouvelles
Côté écriture
J’ai écrit 10k mots en 2025 sur des nouvelles.
Je me suis montrée très raisonnable, je n’ai écrit que 3 nouvelles :
- Salomé, la reine du sifflet ;
- deux nouvelles de SF pour des appels à textes.
La surprise de 2025, c’est que j’ai été invitée par une maison d’édition que j’apprécie beaucoup à proposer un synopsis de nouvelle en vue d’une éventuelle participation à un projet secret. Je me suis évidemment fait un plaisir de répondre à cette invitation. Je saurai d’ici quelques mois si ma proposition et ma participation sont retenues. D’ici là, je croise fort les doigts ! (Et je stresse un peu, parce que je me demande, si je suis amenée à le faire, si je serai réellement capable d’écrire cette nouvelle sans trop dévier du synopsis que j’ai envoyé… 😅)
Côté soumissions
J’ai participé à 12 appels à textes pour des nouvelles en 2025. Principalement avec du recyclage, vous vous en doutez vu le nombre de nouvelles que j’ai écrites cette année.
Sur ces 12 soumissions, j’ai reçu un seul oui, mais le seul qui importait vraiment : celui du concours Émergences ! Ma plus belle réussite de l’année (et j’espère que cette fois-ci, je ne me porte pas la poisse pour 2026 en l’écrivant 😬).
Pour les autres participations, je n’ai pas eu de réelle déception. Pour certains appels à textes, la concurrence était si rude que de toute façon, je n’avais aucun espoir, je participais juste pour ne pas regretter de ne pas l’avoir fait. Pour d’autres, j’ai reçu de beaux refus (ça s’est visiblement joué à un cheveu pour au moins deux textes), qui me laissent penser que j’ai quand même bien progressé depuis 2021. Et j’attends encore deux réponses, qui devraient arriver au premier trimestre 2026.
Côté publications
Trois de mes nouvelles ont été publiées en 2025 :
Et une des mes nouvelles soumise début 2024 a été signée courant 2025, pour une parution à venir tout prochainement (en janvier dans l’abonnement, en février hors abonnement), en papier, numérique, et audio, dans la collection Chronopages des Éditions 1115.
Au global
Côté nouvelles, je considère ce bilan 2025 comme positif.
Les salons et dédicaces
J’ai participé à deux salons en 2025, Imagina’livres près de Toulouse, pour la troisième année consécutive, et L’Ouest Hurlant à Rennes, pour la première fois (une seule journée à chaque fois, parce que je ne me sens pas capable de faire davantage). Mais j’ai aussi survécu à mes premières séances de dédicaces, toute seule derrière ma table dans des grandes surfaces spécialisées.
Je dois dire que si papoter avec les amis et amies est un plaisir, si rencontrer les lecteurs et lectrices est enrichissant, l’expérience sensorielle en revanche est plutôt un calvaire. Je souffre vraiment beaucoup du bruit, de l’abondance de choses à voir partout et des mouvements de foule permanents alentour, et il me faut à chaque fois plusieurs jours pour récupérer complètement. (Quand j’emploie le verbe “souffrir”, ce n’est pas une façon de parler, c’est un vrai handicap, et j’ai d’ailleurs enfin accompli les démarches en 2025 pour que le diagnostic soit posé officiellement. C’est désormais chose faite. J’appréhendais l’étiquette TSA, mais finalement, elle est arrivée comme un soulagement : quelque part, elle vient légitimer mes difficultés sur plein d’aspects de la vie sociale, et me permettre de ne plus culpabiliser.)
Je ne sais pas trop quel bilan tirer de ces expériences, mais j’en tire en tout cas une leçon : si je ne veux pas me mettre en danger, il faut que je lève le pied sur les dédicaces. Quasiment un mois après, le souvenir très désagréable de celle du 4 décembre est encore vivace… (Il faut dire qu’outre la très forte affluence due à la période qui précède les fêtes, elle est arrivée à une date particulièrement mal choisie, pile entre l’épreuve de Montreuil fin novembre et ma traditionnelle semaine très chargée de répétitions et concerts mi-décembre.)
La communication
2025 m’a confirmé, une fois de plus, que je suis vraiment une très mauvaise communicante. Le nombre d’abonné·e·s à ma newsletter et à mon compte instagram stagne. Je ne suis pas capable de me forcer à communiquer sur ce que je fais sur la durée : je me suis contrainte à poster de manière régulière pendant quelques semaines avant la sortie de mon roman, mais je trouve ça si artificiel que j’ai vraiment détesté le faire.
Mon roman a fait l’objet de quelques lignes ou quelques minutes d’antenne dans deux journaux (Sud-Ouest et Le Courrier de Gironde) et sur deux radios (Ici Gironde et Radio Bouton) : un grand merci à Nadia Derbikh, Marie Ottoz et Morgane Berguin.
À l’occasion de la parution de La Nuit des betteraves grimaçantes dans le numéro 14, j’ai répondu à une nouvelle interview de L’Indé Panda.
Et mon nom a été cité dans ActuaLitté, parmi ceux des lauréat·e·s du concours Émergences.
Voilà, voilà. Je crois qu’on peut affirmer que c’est le début de la gloire, non ? 🤣
Les copains et copines ! ❤️
2025 n’a pas dérogé à la règle : mes meilleurs souvenirs de l’année, je les dois aux copains et copines.
Julie et Anaïs, encore et toujours, mais aussi Mina et Morgane, qui sont venues grossir cette année les rangs de notre groupe d’écriture, désormais baptisé Les Aigrivaines, et dont le slogan est “Écrire, c’est nul” (c’est un raccourci, hein, c’est le milieu éditorial, qui est nul… ou alors nous sommes masos, allez savoir). Sans elles quatre, j’écrirais moins, et mes textes seraient tout pourris. Parce que non seulement ce sont d’excellentes autrices (lisez-les !), mais ce sont aussi de super bêta-lectrices.
Mes co-lauréat·e·s Émergences, et les fées de la Charte en charge du dispositif, avec qui j’ai vécu ma plus belle aventure de l’année autour de l’écriture, et tissé des liens qui, je l’espère, dureront encore de longues années.
Aude, Marie, Sascha, Donovan, Noe, Carole, Yohan, Melo, Fred, Charles, Alexie, Nicolas, Marine, Nisa, Hestia, Vero, Marion, Clémentine, l’homme qui trouve qu’écrire c’est bien, l’homme qui aime les pizzas froides (pour leur propre sécurité, je préfère préserver l’anonymat des deux derniers) et toutes les personnes que ma mémoire défaillante a oubliées, c’était une joie d’échanger quelques mots (ou plus) avec vous en salon, derrière ou autour d’une table.
Au bilan
2025 se termine un peu en demi-teinte, mais a tout de même ouvert la porte sur de belles possibilités. Place à 2026. Je n’ai plus qu’à me replonger à fond dans l’écriture pour essayer de concrétiser tout ça ! 😊
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